LECTURES BIBLIQUES : Philippiens 2, 1-11 ; Matthieu 21, 28-32
Chers frères, chères sœurs en christ, bien-aimés dans le Seigneur, la paix soit avec vous au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen!
Bien-aimés en Christ, le thème de notre prédication de ce jour est intitulé : « l’humilité, un chemin d’or. » Frères et sœurs, nous parlons souvent d’humilité sans pour autant comprendre de quoi il s’agit. Il n’est pas rare d’entendre des voisins ou même certains parents dire à leurs enfants : sois humble. L’humilité, C’est quoi? Selon les documents que j’ai consultés, l’humilité est un état d’esprit où une personne a conscience de ses limites et de ses faiblesses. Ce qui lui évite l’orgueil, la vanité et l’arrogance en ne se plaçant pas au-dessus de l’autre. Vous convenez avec moi qu’il existe des gens de toutes les couleurs et de toutes les races avec qui il n’est pas facile voir même impossible de vivre. Tellement ils sont orgueilleux, arrogants, hautains et voient le mal partout. Il n’est pas possible de tenir une conversation de 10 minutes avec ces genres d’individu sans que la colère ne s’installe. Du courage si tu vas partager ta vie avec une telle personne. En revanche, un individu humble est plein de douceur, et possède une grande conscience de soi. Il connait ses forces et ses faiblesses. Sans fausse modestie ni complexe d’infériorité, il a une écoute sincère et une absence de besoin à se valoriser aux dépens des autres. Un tel individu reconnait facilement ses torts et voit ses échecs comme des occasions d’apprendre, il pose des questions et demande conseil, car il ne prétend pas tout savoir, il accorde de l’importance à la parole et à la contribution d’autrui, sans chercher à monopoliser l’attention. De pareils individus bénéficient de la grâce et la faveur de Dieu car selon Jacques 4 : 6 « Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. » Être humble permet d’obtenir la bienveillance divine, de l’élévation au bon moment. Comme le dit Jésus : « Quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14:11). L’humilité précède souvent la gloire et l’accomplissement d’un destin. Elle procure la paix et le repos de l’âme : Jésus lui-même dit : « Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur et vous trouverez du repos pour vos âmes » (Matthieu 11:29)
Pour revenir à notre Évangile, l’Évangéliste Matthieu nous présente une scène qui se déroule dans le Temple de Jérusalem. Jésus enseignait la foule dans ce temple quand quelques grands prêtres et anciens du peuple s’approchèrent de lui, l’interrompent de façon peu aimable et lui demandent de dire celui qui lui a donné le pouvoir d’accomplir ce qu’il fait (cf. Mt 21, 23-27). En effet, ces hommes pensaient qu’eux seuls étaient en droit d’enseigner la loi de Dieu au peuple, en tant qu’interprètes authentiques de la volonté divine et guides du peuple élu de Dieu. Quelle prétention?
Jésus leur répond par une parabole reprenant un thème traditionnel en Israël : la réaction différente de deux frères face à un même événement. Les extraits bibliques relatant les histoires de Caïn et Abel, d’Ismaël et Isaac ou même d’Ésaü et Jacob étaient bien connues de ces hommes. Dans la parabole de Jésus, l’un des frères prétend vouloir faire la volonté du Père – comme certaines personnes qui affrontent Jésus, mais ne s’y soumet pourtant pas. À l’opposé, l’autre manifeste publiquement son refus de faire ce que le père lui a demandé comme tout pécheur, qui agit contre la loi divine, mais finit par reconsidérer sa position, se repent et accomplit la volonté de son père.
Bien-aimés en Christ, aujourd’hui comme hier, nombreux sont ceux qui n’ont rien contre Dieu, mais qui, par manque de générosité face à ses exigences, n’agissent plus comme ils le devraient et s’en trouvent justifiés dès lors que se présente la moindre complication. Leur pratique religieuse est si routinière qu’ils négligent ce qui est important pour Dieu. Les paroles de Jésus sont une invitation à réagir. Nous devons, toi et moi, nous rappeler et rappeler aux autres que nous sommes des enfants de Dieu auxquels notre Père a adressé une invitation identique à celle que reçurent les personnages de la parabole évangélique: Mon enfant, vas-y aujourd’hui travailler à ma vigne. Je vous assure que si nous nous efforçons, jour après jour, d’envisager nos obligations personnelles comme une requête divine, nous apprendrons à terminer notre travail avec la plus grande perfection humaine et surnaturelle dont nous serons capables. Il se pourrait que nous nous rebellions, un jour, comme l’aîné qui répondit : Je ne veux pas. Mais nous saurons réagir, repentis et nous nous consacrerons alors avec une ardeur renouvelée à l’accomplissement de notre devoir.
Frères et sœurs, Jésus connaît bien le cœur humain, et il est conscient des difficultés et des conflits auxquels nous devons faire face chaque jour, tant dans notre propre intériorité, la tension pour surmonter la paresse ou la mauvaise volonté que dans les sphères familiale, professionnelle et personnelle, se centrer sur ce que font les autres au lieu de bien faire ce que nous avons à faire, même si les autres ne le font pas. Oui frères et sœurs, Jésus connaît les angoisses et les tensions des familles qu’il introduit dans ses paraboles des enfants qui abandonnent leurs maisons pour tenter une aventure (cf. Lc15, 11-32) jusqu’aux enfants difficiles, aux comportements inexplicables (cf. Mt 21, 28-31) ou victimes de la violence (cf. Mc 12, 1-9). Dieu comprend nos difficultés, mais attend patiemment notre réponse généreuse, comme celle du fils rebelle.
La conclusion de la parabole contient des mots forts. Au verset 31 il est écrit : « En vérité, en vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu « . Autrement dit : ceux qui souffrent à cause de leur désobéissance mais qui sont animés par le désir d’un cœur pur sont plus proches du Royaume de Dieu que beaucoup de ceux qui se disent chrétiens mais qui sont indolents. Pensant qu’ils en font assez, ils ne laissent pas le repentir de leurs péchés ou l’amour de Dieu traverser leur cœur. Frères et sœurs en Christ, se repentir est un acte de regret très fort d’avoir commis une faute, un acte mauvais ou un péché, il s’accompagne du désir de réparer le mal fait et de ne plus recommencer. Il s’agit aussi d’une prise de conscience d’un péché commis contre Dieu, menant à la demande de pardon et au retour vers la foi. Celui ou celle qui est capable d’un tel revirement, c’est l’homme ou la femme humble. Aucun orgueilleux n’est capable d’analyse profonde d’un acte commis. Tout va de soi chez un individu de cette nature. Frères et sœurs en Christ, puissions-nous retenir ce matin que les actes et la conversion comptent beaucoup plus que les belles paroles ou l’apparence religieuses. Jésus attire donc notre attention sur le fait que, ceux et celles que nous considérons comme des exclus, comme des individus de mauvaise vie mais qui changent de cœur et croient aux messages évangéliques entreront dans le royaume de Dieu avant les hypocrites. Par ailleurs, avoir une étiquette religieuse ou faire de grandes promesses ne remplace pas un engagement réel et un cœur capable de se remettre en question. Être religieux oui, faire de grandes choses à l’Église oui, mais la conversion du cœur et l’humilité valent beaucoup plus aux yeux de Dieu.
Image de EvaMichalkova (Pixabay)

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