La joie de Noël : lâchez les bebelles, choisissez l’essentiel !

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Que nous faut-il faire[1], demandait à Jean le Baptiste la foule repentante d’autrefois qui avait été bouleversée par son annonce du règne de Dieu et du Messie à venir? Comment vivre conformément à cette prise de conscience intense que Dieu change tout dans tout, dans notre façon de nous voir nous-mêmes, de considérer les autres, de nous comporter en société, d’envisager notre existence en ce monde et notre destinée finale. Cette question demeure de tout temps et, dans les derniers jours de 2021, son urgence est loin d’être amoindrie.

Les voix des prophètes Ésaïe[2] et Sophonie[3] qui façonnent les moments de prière de notre culte d’aujourd’hui retentissent depuis plus de 2000 ans. Sion, Jérusalem, Israël sont bien sûr des lieux géographiques associés à une histoire plusieurs fois millénaire tristement encore embourbée de nos jours dans des conflits nationaux, ethniques, géopolitiques auxquels se rajoutent souvent des légitimations pseudo-religieuses. Un motif de lamentation et d’intercession. Sion la montagne sacrée, Jérusalem la ville sainte, Israël la terre promise, tout cela concernait d’abord le peuple hébreu, dans les enjeux sociaux et politiques de cette époque lointaine. Toutefois, au fil des siècles dans l’expérience des croyants, sous la mouvance de l’Esprit-Saint, ces noms ont acquis une mystérieuse capacité d’évocation du projet de salut divin, la destinée personnelle et collective qui concerne toute l’humanité pour la suite des âges, donc pour nous aussi ce matin.

Ce message qui retentit dans la voix des prophètes a été, d’une certaine manière, extrait de son boitier historique et inséré de façon on ne peut plus claire dans ces paroles de la lettre aux Philippiens : Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps ; je le répète, réjouissez-vous… Le Seigneur est proche.[4] Ce dimanche nous rappelle que la joie doit être le climat de notre vie quotidienne, l’ambiance qui baigne notre cœur et qui dynamise nos actes. Cette joie n’est pas de nous, de nos propres efforts; elle émane de notre relation à Dieu, un fruit incroyable de cet alignement de nos vies sur le dessein sacré que Jésus nous enseigne et dans lequel il nous greffe littéralement, nous qui sommes, par pure grâce, membres de son corps. Alors oui, le Seigneur est proche… il est avec vous et moi.

À chaque année Noël revient avec ses repères convenus de décorations, de musique, de festivités. Les parties du solstice d’hiver sont bien antérieurs aux célébrations de la nativité du Christ qui, à son tour, s’estompent de plus en plus dans un passé folklorique pour les générations montantes. Et le tout est bien sûr vécu dans notre contexte à la sauce consumériste… On nous rabat les oreilles avec la joie de Noël : les publicités qui surabondent partout nous promettent d’avoir du plaisir à revendre, un fun noir, de la détente et de la relaxation en veux-tu, en v’la! Pas besoin d’en rajouter vous savez d’expérience ce qu’il en est… et combien il est difficile de ne pas se faire aspirer dans cette spirale d’excitation et de consommation le plus souvent nombriliste. Et si vous vous montrez trop critique… ben vous êtes un grincheux ou un casseux de party!

La joie est méconnue. On la confond avec le plaisir, le divertissement voire la jouissance. La joie est méconnue car elle n’a rien du repli sur soi d’auto-gratification consumériste. La joie est méconnue car elle est une réalité subtile, spirituelle. J’ai entendu quelque part cette belle expression : La joie est liquide, le plaisir est solide. Vous puiserez de l’eau avec joie aux sources du salut[5]. Avec le passage des ans et le privilège inestimable de persévérer sur la Voie, en communauté, il me semble que je la savoure toujours davantage cette joie et qu’elle éclaire ma vie même au cœur des obscurités et des luttes qui, comme pour chacun, ne manquent pas. La joie est là car le Seigneur est proche.[6]

Que nous faut-il donc faire?[7] Un peu brusquement, un tantinet à la manière de Jean-Baptiste, je répondrais pour conclure mon propos : Lâchons les bebelles, choisissons l’essentiel ! Et nous vivrons, alors, la joie de Noël, la véritable, chaque jour… Amen.

 

LECTURES BIBLIQUES

Ésaïe 12, 2-6

Sophonie 3,14-20

Philippiens 4,4-7

Luc 3,1-14

[1] Luc 3,10

[2] Ésaïe 12,2-6

[3] Sophonie 3,14-20

[4] Philippiens 4,4-5

[5] Ésaïe 12,3

[6] Philippiens 4,5b

[7] Luc 3,10

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