Toutes et tous verront le salut de Dieu

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Il est temps d’être veilleurs, de guetter les signes de Celui qui est, qui était et qui vient, Jésus, le Christ, Prince de la paix. Quand vous pensez aux signes, aux personnages bibliques, aux images, aux symboles, aux figures de paix…. qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ? Y a-tu quelqu’un qui a pensé à Jean Baptiste ? Non, hein ? Il ne donne pas l’image d’un gars zen… celui qui crie dans le désert : « Faites-vous baptiser. Il ne s’agit pas ici d’un simple rite de purification. Dieu pardonnera vos péchés. Dieu comblera le gouffre qui vous sépare de lui et de sa volonté pour votre vie et pour le monde. Cela changera votre vie de façon radicale ! »

De toute évidence « faire la paix » ne rime pas avec « garder le silence ». La vie de Jean Baptiste nous l’illustre bien : parfois, pour avoir la paix, il faut lever la voix avec insistance.  Comme il est écrit dans le livre du prophète Esaïe : Une voix crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis ; et tous verront le salut de Dieu.  L’extrait du livre d’Ésaïe cité ici évoque le retour d’exil, un passage qui mène à une libération, à une vie nouvelle. La paix, ce n’est pas le silence d’un calme plat mais le soulagement d’une délivrance qui nous ouvre au salut de Dieu… le chemin de la vie en abondance que Jésus est venu nous donner (Jean 10, 10).

La paix est un passage. Je ne peux m’empêcher de penser à la Colombie-Britannique et à la situation chaotique dans laquelle la province se trouve alors que les principales routes, les principaux passages à travers la province, demeurent impraticables. Au cœur de la crise : le travail acharné pour rouvrir les chemins, les mains tendues pour secourir les sinistrés ainsi que ceux et celles qui sont coincés loin de la maison. N’est-ce pas une forme de paix, ça ?  La paix se fraye un chemin là où hommes et femmes se reconnaissent comme frères et sœurs d’une même famille humaine et agissent en conséquence.

Comprenez-moi bien. La paix n’est pas le fruit de nos efforts. Elle est un don de Dieu. « À vous, grâce et paix de la part de Dieu notre père et du Seigneur Jésus Christ » (Philippiens 1, 2) nous dit l’apôtre Paul. La paix est un don de Dieu au même titre que la grâce.  La paix fait croitre l’amour en nous et entre nous… et l’amour nous fait agir pour le bien commun.

Plus nous laissons le tourbillon de nos stresses, nos anxiétés nos angoisses, nos peurs, nos inquiétudes et nos insécurités prendre le dessus, plus nos paroles et nos gestes sont empreints de colère, de frustration et d’impatience. Voilà des semences de la violence. Quand nous sommes solidement ancrés dans la paix de Dieu, l’amour fleurit en nous – même lorsque, comme Jean Baptiste, nous nous sentons appelés à lever la voix pour inviter les gens à vivre un changement radical en accord avec la Parole de Dieu. L’amour change tout.

L’amour, ça se vit, ça se cultive en communauté. Dans le premier extrait biblique de ce matin, Paul rend grâce pour l’amour qui le lie aux Philippiens. C’est cet amour qui lui permet de « garder le cap », de demeurer en paix… même lorsqu’il est en prison… même lorsque son message ne passe pas bien. Et c’est l’amour que Paul souhaite à ses lecteurs et lectrices de tous les temps : « que votre amour abonde encore, et de plus en plus… pour discerner ce qui convient le mieux. Ainsi serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de justice qui nous vient par Jésus Christ » (Philippiens 1, 9-11).

La paix, n’est-elle pas ce fruit de justice qui nous vient par Jésus Christ ? Quand nous marchons sur les chemins de la paix, nous sommes justifiés, c’est-à-dire, bien ajustés, bien alignés sur la volonté de Dieu. C’est ainsi, me semble-t-il, que nous devenons, à notre tour, par la grâce de Dieu, artisans de paix et de justice.

Il y a donc un lien étroit entre paix et justice… sur la terre comme au ciel. N’est-il pas vrai que l’injustice est souvent génératrice de violence et que les voies de la justice sont des chemins de paix ?  Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis et tous verront le salut de Dieu. » (Luc 3, 4-6) Le chemin du Seigneur, le chemin de la paix, c’est un chemin de libération où toutes et tous sont sur un pied d’égalité, un chemin qui débouche sur le salut pour toutes et tous.

Frères et sœurs, levons la tête. Soyons veilleurs. Nous verrons des témoins lumineux de l’avenir de Dieu (vous en faites partie, d’ailleurs) : des hommes et des femmes, chrétiens, gens d’autres confessions religieuses ainsi que des agnostiques et des athées humanistes, habités par l’amour fraternel, qui œuvrent pour aplanir les inégalités et les injustices génératrices de violence : la violence sur la scène géopolitique, tout comme la violence faite aux femmes, la violence perpétrée par les forces de l’ordre, la violence due au racisme et au terrorisme. Il y en a tellement, que certains affirment, statistiques à l’appui, que le monde est, en fait, de moins en moins violent (cliquez ici pour lire un article d’Alain Crevier sur le sjet). Les Nations Unies en font un rapport plus nuancé. Toutefois, une chose est claire : l’être humain est capable de choisir la nonviolence et d’œuvrer pour la paix (La nonviolence une arme urgente et efficace, Dominique Boisvert, 2018). Les travaux sont loin d’être terminés et les avancements sont bien fragiles, certes. Mais gardons courage !  Nous sommes frères et sœurs d’une même famille. La paix nous est donnée de la part de Dieu, notre Père et de la part de Jésus Christ. Personne ne peut ni ne doit tout faire mais tout le monde peut lever la voix pour appeler au changement et prêter main forte selon ses dons et ses capacités propres. Telle est ma conviction : Celui qui a commencé en nous une œuvre excellente en poursuivra l’achèvement jusqu’au jour de Jésus Christ. (Philippiens 1, 6). Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux seront redressés, les chemins rocailleux aplanis.  Soyons en paix. Prions avec le psalmiste :

1SEIGNEUR, mon cœur n’est pas orgueilleux ;

mes yeux n’ont pas visé trop haut.

2Au contraire, je reste calme et tranquille,

comme un jeune enfant apaisé près de sa mère.

Comme cet enfant, je suis apaisé.

3 Enfants de Dieu, Celui qui est, qui était et qui vient,

comptez sur le Seigneur, dès maintenant et toujours ! Amen.

(adaptation du psaume 13)

 

LECTURES BIBLIQUES

Psaume 131

Philippiens 1, 1-11

Luc 3, 1-6

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