Nouvelle naissance

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Or il y avait, parmi les Pharisiens, un homme du nom de Nicodème, un des notables juifs. Nicodème, tel que présenté dans l’évangile de Jean, est un personnage bien ambigu. Il était pharisien, un notable, et il vient rencontrer Jésus de nuit. Lui qui occupe une place de choix dans la société juive, il aurait donc peur de se montrer en public auprès de ce Jésus, fils de charpentier ? Ou encore craindrait-il de cautionner devant ses pairs les faits et gestes de Jésus, thaumaturge avéré et pourtant méprisé par les pharisiens ?

Nicodème est un peu comme le jeune homme riche. Le jeune homme est retenu de suivre Jésus à cause de tous ses biens dont il ne veut pas se départir; Ce qui retient Nicodème, c’est le fait de ne pas pouvoir se fier seulement à son intelligence pour découvrir qui est vraiment ce Jésus. Il cherche uniquement à connaître intellectuellement Jésus, mais voici que Jésus le déstabilise et l’entraîne sur un autre terrain, il le fait passer du «connaître à naître».

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, on ne peut entrer dans le royaume de Dieu (…) Ne t’étonne pas que je t’aie dit: «Il faut que vous naissiez de nouveau». Voilà une affirmation qui dépasse l’entendement de Nicodème et il réplique aussitôt : Comment cela peut-il se faire ? Même s’il pose la question du «comment», on sent bien qu’il est complètement désorienté et n’attend probablement pas de réponse satisfaisante. À quoi sert-il d’amasser, tout au long de sa vie, tout un bagage de connaissances si ces études sont vaines en vue du Royaume ? Nicodème se situait sur le plan du savoir (de maître à maître), précise l’exégète français Alain Marchadour, Jésus lui propose une nouvelle naissance : «tu voulais connaître, je te propose de renaître». Nicodème se refuse encore à retenir la condition énoncée par Jésus… c’est-à-dire à moins de naître de nouveau. Notre savoir pourtant, notre expérience et notre maturité sont utiles sans doute, mais ne suffisent pas sur le chemin du Royaume.

C’est dans cet échange nocturne avec Jésus que Nicodème sera confronté à naître de nouveau et à percevoir le mystère de la Trinité. Dur coup pour un maître en Israël, le judaïsme étant une religion strictement monothéiste ! Mais, au cours de la nuit avec Jésus, Nicodème aura cheminé… Il peut maintenant accueillir dans l’Esprit la révélation d’un Dieu, Père compatissant, offrant son Fils, non pas pour juger, mais pour sauver le monde comme le dit Jésus : Toute personne qui est née de l’Esprit (croit que) Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui.

Nicodème est confronté à un choix. L’histoire ne nous dit pas lequel il a fait à la fin de cette nuit. Mais ce qui est clair, c’est que chacun, chacune d’entre nous, sommes aussi appelés à choisir.

Choisir de nous appuyer uniquement sur nos propres forces ou choisir d’accueillir une nouvelle naissance qui nous conduira à la participation de la vie même de Dieu, à son image comme à sa ressemblance (Genèse 1, 26).

Participer à la vie de Dieu, c’est essentiellement vivre en communion les uns avec les autres comme le Père le fait dans son alliance avec la création. En effet, nous ne sommes pas faits pour la solitude mais pour le partage. Participer à la vie de Dieu, c’est aussi, comme le Fils, savoir aller au-devant des autres, pour les aider à grandir et à vivre pleinement. Participer à la vie de Dieu, c’est encore, comme l’Esprit-Saint, savoir conseiller, réconforter, éclairer… discrètement, sans s’imposer.

C’est en participant à la vie de Dieu que nous devenons vraiment vivants. Devenir vivants dès ici-bas, écrit à juste titre le théologien suisse Maurice Zundel, c’est le meilleur choix, il me semble. C’est le choix, en tout cas, que je vous propose. Devenir vivants, c’est devenir les bras de Dieu pour notre monde, c’est secourir et étreindre le frère, la sœur, c’est bâtir une cité de justice et de paix, c’est être debout par une nouvelle naissance. C’est aussi accepter avec enthousiasme. ajouterai-je. d’annoncer la Sainteté, la Compassion et l’Amour de Dieu comme le prophète Ésaïe lorsqu’il s’est écrié : «Me voici, envoie-moi». C’est donc accepter la mission que Dieu nous confie pour sa plus grande gloire et le salut de notre monde. AMEN.

Prédication pour la fête de la Trinité, le dimanche 27 mai 2018

 

LECTURES BIBLIQUES

Ésaïe 6, 1-8

Jean 3, 1-17

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