LECTURES BIBLIQUES: Romains 8, 28-30 ; Matthieu 13, 44-52
Bien-aimés, chers frères et sœurs en Christ, veuillez recevoir une fois encore mes salutations fraternelles en Jésus-Christ notre Seigneur. Que la puissance du très Haut repose sur vous en ce plein été 2026.
L’Évangile de ce jour nous présente une série de trois paraboles qui parlent de la valeur inestimable du royaume des Cieux et l’engagement radical qu’il exige. Nous pourrions résumer la thématique de ces trois paraboles comme ceci : Royaume des cieux, un trésor à rechercher à tout prix. Nous pourrions nous demander ce qu’est un trésor ici. Généralement quand on parle du trésor, il s’agit d’2un amas d’objet précieux mis en réserve. Au sens juridique du terme, un trésor, c’est toute chose cachée ou enfouie sur laquelle personne ne peut justifier de propriété, et qui est découverte par le pur effet du hasard. Dans la bible, le trésor désigne autant les richesses matérielles que les réalités spirituelles inestimables. Il symbolise ce qui a le plus de valeur aux yeux de Dieu ou de l’homme, tel que la foi, l’amour ou le Christ Lui-même. Oui le Christ est un grand trésor pour celui ou celle qui croit et qui met sa confiance en Lui. Le trésor, c’est tout qui a de la valeur et que nous avons en réserve. Les paraboles qui font l’objet de nos réflexions ce matin, sont organisées de la même manière que les trois précédentes que nous trouvons dans les versets 24 à 35 de ce même chapitre 13 dont nous avions lu un extrait avec Jean-Philippe le dimanche dernier. Il fut question d’un grain de moutarde, d’une femme en cuisine, de récolte menacée; des images peu glorieuses pour parler de l’avènement d’un royaume. Matthieu déploie ici deux courtes paraboles jumelles mais dans des univers opposés, comme c’était le cas pour celles de la graine de moutarde et du levain. Puis une autre parabole qui nous ramène sur le lac pour une pêche. Cette dernière parabole possède de fortes similitudes avec celle de l’ivraie et son interprétation. L’ensemble de ces trois paraboles adressées aux disciples ont une thématique commune comme nous l’avions susmentionné: le Royaume des cieux, un trésor à rechercher à tout prix. Les trois précédentes insistaient sur la croissance du Royaume, partant de rien pour arriver à son accomplissement. Ces trois nouvelles mettent en avant le thème de la recherche et de la pêche. L’image traditionnelle du Royaume conquérant est donc bouleversée. Jésus ne nous oriente pas vers une conquête, mais une quête qui invite à un certain abandon. La foi en Christ ne marche pas avec l’orgueil.
Les paraboles du trésor caché et de la perle précieuse trouvée indiquent que la valeur du Royaume n’est pas de l’ordre du manifeste, du flamboyant, du flagrant. Le Royaume est ici associé à ce qui est enfoui, caché, voire introuvable et secret. Ce n’est pas l’image habituelle pour décrire l’avènement d’un royaume. Au lieu d’attirer nos regards vers un faste céleste, les paraboles nous font descendre dans la boue et la poussière d’un comptoir. Il faut donc humblement baisser les yeux et chercher ce qui est déjà là, présent et proche, mais non comme on pourrait s’y attendre. Parlant du trésor caché, il illustre l’immense valeur du royaume des cieux et montre qu’en découvrant la présence ou l’amour de Dieu, cette prise de conscience devient une source de joie qu’il devient naturel de se défaire de tout le reste pour s’y consacrer entièrement. Les deux paraboles du trésor caché et de la perle précieuse sont assez similaires quant à cette approche d’un Royaume discret. Mais elles diffèrent sur leur construction.
La première révèle combien ce Royaume caché est si précieux qu’un homme est capable de tout vendre, de tout quitter pour acquérir un bien considéré plus grand à ses yeux et évoque ces disciples qui ont tout quitté pour le Royaume, tout pour ce qui peut paraître imperceptible. Des disciples qui sont eux aussi invités à se déposséder de toute prétention conquérante, et de tout faste. Car c’est le Seigneur qui œuvre. C’est ce que semble mettre en lumière la parabole de la perle précieuse. Dans cette parabole de la perle, les rôles sont inversés. Le Royaume est comparé non à la précieuse perle qu’il faut trouver mais au marchand qui la recherche. Cet homme lui aussi vend tout, donne tout, pour acquérir cette perle de valeur. Ainsi, la parabole laisse entendre combien le Seigneur est celui qui cherche, capable de tout donner pour racheter une perle précieuse à ses yeux, une humanité présente et parfois cachée au sein de chaque potentiel disciple, une Église discrète mais présente dans un monde en ébullition et qui prie. Bien-aimés, cette parabole illustre aussi la valeur inestimable du Royaume des cieux. Le marchand vend tout ce qu’il possède pour l’acquérir. Elle symbolise qu’obtenir la grâce et la présence de Dieu justifie de sacrifier tout le reste.
La quête se poursuit ou plus précisément la pêche. Cette dernière parabole nous renvoie, ainsi que les disciples, au bord de ce lac où les paraboles ont commencé. Le sujet rejoint donc la vie même des destinataires dont parmi eux quelques pêcheurs. L’image est parlante et rappelle l’interprétation de la parabole de l’ivraie (cf Matthieu 13 : 36-43). L’image de la pêche est parfois utilisée par les prophètes pour exprimer ce temps du jugement eschatologique de Dieu envers son peuple comme nous pouvons le lire ici dans Ézéchiel 32 : 3 « Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel, j’étendrai sur toi mon rets, dans la foule nombreuse des peuples, et ils te tireront dans mon filet. »
Les paroles de Jésus reprennent les images apocalyptiques de la fournaise, des pleurs et des grincements de dents comme autant de regrets. Comme si ce jugement final attendu par les disciples ne correspondait pas à celui de Dieu. On peut ainsi souligner combien l’avènement du Royaume n’est pas une pêche à l’excellence, à la perfection, mais un rassemblement dans ces filets du Père, à destination de toutes sortes de poissons, y compris ce qui ne vaut rien. Mais la valeur du disciple pêché n’est attribuée qu’une fois arriver sur le rivage. Est-ce une dernière et huitième parabole ? Pas exactement car le sujet n’est pas tant le royaume que ses disciples, et le dessein est plus conclusif qu’exhortatif. Il y a dans le trésor du Royaume de l’ancien et du neuf. Pour le dire autrement, l’idée de l’avènement du Royaume n’est pas nouvelle. Les prophètes d’hier l’ont annoncé, et voilà qu’il s’accomplit. Mais il y a aussi une nouveauté, un changement radical de perspective que ces paraboles ont mis en lumière. Pour trouver le Royaume, les disciples sont invités à regarder vers le bas, vers la terre, à se déposséder, à quitter une situation confortable, pour acquérir ce qui n’est encore que semence et croissance. Le scribe, qui a ainsi la connaissance de ces anciennes écritures, inspirées et incontestées, est invité à « perdre » une part de ses convictions pour une nouveauté radicale révélée par ce semeur de paraboles, Jésus de Nazareth, Christ et Fils de Dieu.
Bien-aimés, frères et sœurs en Christ, aujourd’hui, comprendre ces paraboles implique de reconnaître que l’amour de Dieu et la vie spirituelle ont plus de valeur que toutes les richesses de ce monde. Dans Matthieu 6 :33, Jésus ne nous dit-il pas : « cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu et toutes ces choses vous seront données par-dessus. »
Que Dieu nous bénisse tous et toutes. Amen!

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