Une communauté chrétienne protestante et inclusive

Jésus est au milieu de nous

LECTURES BIBLIQUES: Romains 13, 8-14 ; Matthieu 18, 15-20

C’est la rentrée… une période de l’année qui source de stress et d’angoisse. Pour tous les jeunes qui retournent à l’école craignant l’intimidation. Pour les gens de partout – tant bénévoles que travailleurs et travailleuses – qui, après la période estivale, plus légère, voient leur agenda se remplir. À qui, à quoi doit-on donner la priorité ? La rentrée, c’est aussi angoissant pour les gens qui n’ont pas – ou plus – beaucoup de choses à leur agenda. Sont-ils encore utiles ? À quoi se mesure la valeur d’une vie ?

« N’ayez aucune dette envers qui que ce soit, sinon celle de vous aimer les uns les autres… . En effet [tous les commandements, toutes les obligations] se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (Romains 13,8-9). C’est l’Amour qui donne un sens, une orientation, une valeur à notre vie. Aimez-vous les uns, les unes les autres. C’est ainsi qu’au jour le jour nous adorons l’Éternel qui nous a aimé le premier.

C’est aussi simple… et difficile que cela. Ce n’est pas pour rien que ce commandement est répété à maintes reprises, non seulement dans la Bible mais dans toutes les grandes traditions religieuses et spirituels comme dans les grands courants philosophiques et humanistes. Dans son livre, Les 5 piliers de la sagesse, le philosophe et sociologue Frédéric Lenoir affirme : « Aimer, c’est entrer en résonance avec une bonté présente dans l’univers. C’est ressentir en soi l’élan qui traverse le vivant, cette énergie de lien, d’unité, d’ouverture. »1.

Aimer, c’est être en résonnance avec la bonté. Par la grâce de Dieu qui est amour, nos paroles et nos gestes peuvent être empreints de bonté, de bienveillance même envers quelqu’un avec qui on n’a pas d’atomes crochus ; même avec une personne avec qui on est en désaccord, en conflit ou en colère.

Là ou deux ou trois sont rassemblés, il y aura toujours des désaccords, des incompréhensions, des conflits. Nous sommes humains. Il nous arrive à toutes et à tous de pécher, de manquer la cible, de ne pas faire le bien que nous voulons faire mais plutôt le mal que nous ne voulons pas faire (Romains 7, 19). L’extrait de Matthieu que nous venons d’entendre nous l’illustre bien : la marque d’une communauté chrétienne n’est pas l’absence de conflits mais plutôt une manière bienveillante de gérer les conflits. « Si [ton frère] refuse d’écouter même l’Église, qu’il soit pour toi comme le païen et le collecteur d’impôts. » (Matthieu 18, 17) Ailleurs dans l’Évangile, Jésus a été traité d’ami des collecteurs d’impôts et des pécheurs (Mt 11, 19) et à deux reprises a reconnu une grande foi à des non-juifs (Mt 8.10, 15.28)2 Frères et sœurs, nous sommes appelés à revêtir le Christ, à traiter les autres comme Jésus traitait tout le monde : comme des amis, des êtres dignes de l’amour divin et susceptibles à tout moment d’être touchés par la grâce et de s’ouvrir à la repentance. « En vérité, je vous le déclare : tout ce que vous lierez sur la terre sera lié au ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié au ciel. » (Matthieu 18, 18). Aimer, vivre en résonnance avec la bonté, libère. Et, par la grâce seule, c’est à la portée de toutes et tous dès aujourd’hui « Voici l’heure de sortir de votre sommeil ; aujourd’hui, en effet, le salut est plus près de nous qu’au moment où nous avons cru. (Romains 13,11). Voici l’heure de vous réveiller. Le verbe utilisé dans la version originale grec est aussi utilisé pour évoquer la résurrection. Il est temps pour nous de nous ouvrir à la vie abondante, la vie nouvelle et éternelle offerte en Jésus. Frères et sœurs, notre monde a tant besoin de la lumière de l’amour. Appliquons-nous à aimer comme le Christ nous a aimés.

Alors terminons par un petit exercice méditatif. Je vous invite à fermer les yeux et à respirer confortablement… abandonnez-vous à votre banc… Maintenant, imaginez que vous êtes dehors. C’est l’automne. Vous vous vous rendez à un endroit où vous allez pour prier, un lieu vous vous sentez en résonnance avec la beauté et la bonté du monde.

Tout à coup, vous prenez conscience que vous n’êtes pas seul-e. Vous ressentez une présence bienveillante à vos côtés. C’est le Christ qui est venu à votre rencontre. Vous marchez ensemble un long moment, comme des amis qui n’ont pas besoin de se parler pour communiquer, pour être bien ensemble.

Le jour baisse. L’air est frais, frisquet. Le Christ place manteau sur vos épaules. Un manteau, c’est à la fois source de protection et signe de l’identité de la personne qui le porte. Revêtir le manteau du Christ, vous enveloppe d’une douce chaleur et vous ressentez toute la bienveillance et l’amour du Christ pour vous. Laissez la lumière de l’amour du Christ vous éclairer.

Comme symbole de son amour qui vous réchauffe et vous illumine, le Christ vous tend un cierge allumé et il vous dit : « L’amour ne se garde, ni ne se multiplie que si on le donne. Aime les autres comme je t’aime, partage cette lumière, cet amour avec le monde autour de toi. »

Et là vous remarquez que d’autres personnes se sont jointes à vous. Elles ont toutes une bougie éteinte à la main. Parmi elles, il y quelqu’un que vous aimez profondément, une personne qui compte beaucoup à vos yeux. Partagez la lumière de l’amour du Christ avec elle.

Allez maintenant à la rencontre d’une autre personne. Cette fois, avancez vers quelqu’un pour qui vous n’éprouvez pas de sentiments particuliers…quelqu’un que vous ne côtoyez qu’à l’occasion et que vous ne connaissez que très peu en fait. Partager la lumière de l’amour du Christ avec elle.

Finalement, avancez vers quelqu’un que vous avez de la difficulté à aimer. Ne craignez rien. Vous êtes sous la protection du Christ et en ce lieu, il n’y a personne qui représente un danger pour votre sécurité physique, psychologique, émotionnelle ou spirituelle. C’est simplement quelqu’un que vous avez de la difficulté à aimer. Approchez-vous et allumez sa bougie à partir du vôtre. Voyez cette personne, enveloppée, comme vous, de la lumière aimante, bienveillante du Christ.

Maintenant, imaginez que vous êtes de nouveau seul avec le Christ. Prenez quelques instants pour lui parler de ce que vous avez vécu en partageant son amour autour de vous. Vous remarquez qu’en vous écoutant, il n’y a aucun jugement dans son regard. Dans ses yeux, il n’y a que de la bonté, de la bienveillance, de l’amour. Il est temps pour vous de rentrer. Pour conclure ce moment de proximité le Christ vous bénit : Rien ne pourra te séparer de mon amour. Amen.

 

Image : Daiga Ellaby (Unsplash.com)

1 Lenoir, Frédéric. Les 5 piliers de la sagesse. Albin Michel, 2025, p. 72.

2 Voir Nouis, Antoine. Le Nouveau Testament : commentaire intégral verset par verset, Vol. 1. Olivétan-Salvator, 2018, p. 144.

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