Il veut nous sauver toutes et tous

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Peu de temps après avoir appelé ses premiers disciples, Jésus entend dire que la belle-mère de Simon est alitée. On ne sait pas ce qu’elle a, mais on sait qu’elle fait de la fièvre. Je comprends donc ! Si mon gendre arrivait à la maison et me disait qu’il quittait sa famille et sa job steady pour suivre un prédicateur itinérant, j’en aurais des sueurs froides ! Ou pire je ferais probablement une telle scène qu’on me prendrait pour une folle ou on me dirait possédée.

À vrai dire, tout le monde a des démons, n’est-ce pas ? Ils nous envoient ces messages de malheur qui nous tourmentent et nous tiennent captifs. Ils nous poussent, comme autant de vents contraires, pour nous éloigner des voies de Dieu… de sorte qu’il devient parfois difficile d’entendre sa douce voix nous parler d’amour et nous offrir sa bénédiction. Bénédiction, la racine de ce mot signifie dire du bien. Quand Dieu nous parle, c’est pour nous dire du bien… pour nous faire du bien… pour nous relever… pour nous faire avancer. Ce sont nos démons qui tentent de nous faire croire que tout est foutu d’avance, qu’il n’y a pas raison d’espérer, que la vie n’a pas de sens ou même ne vaut pas la peine. Nos démons ont toutes sortes de noms… et il y en a qui sont plus difficiles à chasser que d’autres.

Était-ce un démon qui causait la fièvre de la belle-mère de Simon ? Nous ne le saurons jamais. Mais peu importe ce qu’elle avait, Jésus n’hésite pas une seconde à s’approcher d’elle… comme il n’hésite jamais de s’approcher de nous quand on le lui demande.

Aussitôt qu’on lui parle de la belle-mère de Pierre, Jésus pénètre dans sa chambre, dans son intimité. Il n’a même pas besoin de prononcer un mot. Il la prend simplement par la main. Il ne faut pas sous-estimer le pouvoir du toucher. C’est l’une des grandes leçons de la crise sanitaire actuelle, n’est-ce pas ? Si on ne le savait pas avant, maintenant tout le monde le sait. Jésus prend la belle-mère de Simon par la main et la fait lever. Dans le texte, le verbe pour se lever en grec est un verbe de résurrection… ici il n’est pas question de réanimation, mais bien de résurrection. Une fois que Jésus te prend par la main pour te relever, impossible de reprendre ta vie d’avant comme si de rien n’était. Jésus prend la belle-mère de Simon, la fait lever, la fièvre la quitte et elle se met à les servir.

Ici, le verbe pour servir donne, entre autres, diacre en français. Si elle avait des doutes sur Jésus quand il a appelé Simon et André, lorsqu’elle se laisse toucher par lui, la belle-mère de Simon reçoit une vie nouvelle, sa vie prend un nouveau tournant, une nouvelle orientation. La belle-mère de Simon découvre sa propre vocation. Elle devient la première diaconesse de la communauté rassemblée autour de Jésus.

Elle me fait penser à l’un des piliers de Saint-Pierre, une femme qui, avant son décès, a résumé l’essentiel de la vie chrétienne en ce monde de la façon suivante : « Être utile ». Tout disciple du Christ est appelé à être utile en servant son prochain selon ses dons et ses capacités, tout au long de sa vie. Cette dame a certainement été utile pour sa communauté de foi ainsi que pour la communauté au sens large. Elle a été une diaconesse dans le sens premier du terme. Elle a servi beaucoup de monde… notamment à la résidence Saint-Brigid’s où, de 5 à 7 fois par semaine, pendant plus d’une vingtaine d’années, si ma mémoire est bonne, elle s’y rendait pour nourrir des résidents. De bien des manières, et jusqu’à la fin de ses jours, cette dame a été utile jusqu’à la fin de ses jours… à l’instar de la belle-mère de Simon.

Celle qui avait été clouée au lit, se lève et se met à servir tout le monde dans la maison. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Avez-vous remarqué ? Marc nous dit : « Le soir venu, après le coucher du soleil, on se mit à lui amener tous les malades et les démoniaques. » Jésus guérit de nombreux malades et chasse de nombreux démons… pas tous… mais un bon nombre.

Pourquoi ? Peut-être parce que Jésus savait très bien qu’il n’avait pas à tout faire tout seul. Il pouvait en guérir quelques-uns et laisser d’autres poursuivre le travail. Mais peut-être est-ce parce que sa vocation n’était pas celle d’être le médecin compatissant d’une petite ville en Galilée. Il nous le dit ce matin : sa mission est de proclamer l’Évangile, l’Évangile qu’il résume ainsi au tout début de son ministère public: « le règne de Dieu s’est approché » (Marc 1, 15). Ce n’est qu’au terme de l’Évangile de Marc qu’on pourra comprendre ce que cela signifie. Mais déjà on voit que le règne de Dieu est autre chose qu’un monde où tous les malades et les gens aux prises avec des démons reçoivent des guérisons instantanées miraculeuses.

« Jésus est au milieu de nous » avons-nous chanté au début du culte… mais pas pour nous guérir tous… pour nous bénir tous… oui… et pour nous sauver tous. Il y a une différence entre la guérison et le salut, me semble-t-il. D’abord, la guérison est toujours temporaire. Le salut, par contre, est éternel. La belle-mère de Simon a retrouvé la santé… pour un certain temps. Mais Jésus ne l’a pas simplement guérie. Il l’a sauvée. Être sauvé ne signifie pas uniquement être délivré de nos souffrances physiques, psychologiques… et même spirituelles. Être sauvé signifie avoir la vie en abondance… vivre en communion avec Dieu et avec les autres.

Si Jésus n’a pas guéri tous les malades et chassé tous les démons, c’est peut-être parce que Jésus sait pertinemment que ce n’est pas uniquement les gens qui sont en parfaite santé ou qui sont parfaitement sain d’esprit qui peuvent être utiles. Il n’est tout simplement pas vrai que la vie n’a de sens que lorsqu’on est en pleine forme, quand on est en pleine possession de nos moyens et de de nos facultés. Même sans guérison… on peut avoir la vie… et la vie en abondance. C’est ça, le salut. Et ce n’est pas non plus quelque chose qui nous attend uniquement dans la vie au-delà de la vie en ce monde. Dans la vie en ce monde, dans la mort, dans la vie au-delà de la mort, Jésus est au milieu de nous. Le règne de Dieu est proche. La bonne nouvelle, c’est Jésus. En lui, Dieu se fait proche… assez proche pour nous chanter tout doucement : « Je vous aime. Je veux vous bénir. Je veux vous sauver toutes et tous. » Amen.

LECTURE BIBLIQUE

Marc 1, 29-39

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