Venez marchons à la lumière du Seigneur Ésaïe 2, 5

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candles-621179_1280Une phrase poétique, une exhortation claire qui fait du bien. Nous nous sommes tous retrouvés un jour ou l’autre à devoir avancer dans l’obscurité à la tombée soudaine de la nuit lors d’une excursion dans un boisé ou en montagne, ou sur un lac à la pêche. Les repères se dissolvent rapidement si bien qu’on se demande parfois si on va pouvoir retrouver son chemin, parvenir en sécurité à destination, le plus souvent revenir à la maison. Même chez soi lors d’une panne d’électricité, il peut devenir complexe sinon périlleux de se déplacer et de trouver une lampe de poche ou les allumettes requises pour illuminer la chandelle qui accumulait la poussière sur la commode. Si quelqu’un arrive alors avec une source de lumière, le soulagement se ressent immédiatement, un soupir de satisfaction, un rire joyeux et des exclamations d’appréciation. Sans être nécessairement arrivés à destination, la lumière nous donne le sentiment d’y être presque. Dieu nous montrera ses chemins, et nous marcherons sur ses routes.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.


Les textes de ce matin nous rappellent à la fois l’utopie vers laquelle diriger nos pas et les pièges variés qui freinent notre élan, obstruent notre marche quand ils ne nous incitent pas carrément à demeurer sur place. La nuit est avancée, le jour est tout proche. Rejetons donc les œuvres des ténèbres et revêtons les armes de la lumière. Conduisons-nous honnêtement. Il n’est que trop aisé d’être obnubilé par les soucis de la vie quotidienne, de s’enliser dans les gratifications immédiates, consommation ou dépendances de toutes sortes. De même qu’en ces jours d’avant le déluge, on mangeait et on buvait, l’on se mariait ou l’on donnait en mariage. Toutes choses qui, plus ou moins subtilement, anesthésient notre conscience et nous font peu à peu oublier que le but de notre existence est de rejoindre la Cité de paix. Allons à la maison du SEIGNEUR. Nous sommes alors dans l’obscurité et parfois, nous oublions même ce que peut être la lumière.

À l’époque où ces textes bibliques ont été écrits, le ‘monde’ se réduisait pour la plupart des gens du Moyen-Orient aux quelques pays avoisinants et au bassin de la mer Méditerranée. Les avancées prodigieuses des technologies de la communication ne nous permettent plus dorénavant d’ignorer les splendeurs comme les crises de notre planète, grain de poussière cosmique situé dans un univers en continuelle expansion. Les modifications drastiques du climat, les catastrophes associées à l’activité humaine et à l’exploitation immodérée de la nature autant que l’ampleur des conflits internationaux et des troubles de société donnent un écho permanent aux mises en garde apocalyptiques : il nous faut de la lumière, et la lumière du Seigneur est seule à même d’éclairer nos pas et de nous indiquer, tel un phare universel, la direction de la vie et de la plénitude. L’évocation de Jérusalem, ville de paix, est le symbole permanent de cet aboutissement souhaité de l’histoire humaine en harmonie avec une paix à l’échelle cosmique. Que tes amis vivent tranquilles, que la paix soit dans tes remparts et la tranquillité dans tes palais ! A cause de mes frères [et sœurs] et de mes compagnons, je dirai : « La paix soit chez toi ! » A cause de la maison du SEIGNEUR notre Dieu, je veux ton bonheur.

Le cycle de l’Avent recentre notre réflexion et notre prière sur la finalité ultime de notre marche ici bas, tant comme individus que comme collectivité. La marche c’est le choix que nous faisons, l’engagement sur une route; nous le faisons ce choix sous l’éclairage de la révélation divine, la Lumière, qui brille à travers les âges et les générations, une promesse et un horizon sans fin : Oui, c’est de Sion que vient l’instruction et de Jérusalem la parole du SEIGNEURIl sera juge entre les nations, l’arbitre de peuples nombreux. Martelant leurs épées, ils en feront des socs, de leurs lances, ils feront des serpes. On ne brandira plus l’épée nation contre nation, on n’apprendra plus à se battre.

La particularité de cette lumière et ce en quoi elle se révèle divine, c’est d’étinceler dès maintenant dans la vie de ceux et celles qui s’en laissent habiter : revêtez le Seigneur Jésus Christ et ne vous abandonnez pas aux préoccupations de la chair pour en satisfaire les convoitises. Dans cette Lumière qui advient (sens du terme Avent), c’est l’onction divine qui s’offre, le Christ qui vient parmi nous : par des petits gestes de bonté comme par nos amours engagés, nos actes de justice et de partage, nous sommes invités à briller dès aujourd’hui de cette Lumière vers laquelle nous avançons dans la mise en acte du rêve de Dieu pour notre monde. Veillez donc, tenez-vous prêts, car c’est à l’heure que vous ignorez que le Fils de l’homme va venir. Il ne s’agit pas tant d’une menace mais plutôt d’une invitation à vivre dès à présent ce que nous souhaitons le plus profondément réaliser ultimement : aujourd’hui, en effet, le salut est plus près de nous qu’au moment où nous avons cru. La nuit est avancée, le jour est tout proche… Amen.

Par Denis Fortin

St-Pierre / 1er dimanche de l’Avent « A » / 27 novembre 2016

 

LECTURES BIBLIQUES

Psaume 122

Ésaïe 2, 2-5

Romains 13, 11-14

Matthieu 24, 36-44

 

Denis

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