Les chemins de la foi

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Thomas, appelé Didyme, dit aux autres disciples: « Allons aussi, afin de mourir avec lui. » (Jean 11, 16)

(Thomas) déclara (aux autres disciples) : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » (Jean 20, 24)

Deux versets de l’Évangile de Jean. Deux déclarations du même apôtre Thomas. Un premier verset qui illustre l’audace et le courage de Thomas, son adhésion sans compromis à Jésus, son Maître et Seigneur. Un deuxième verset qui nous présente un Thomas pessimiste devant l’issue de la mission de Jésus, un Thomas qui met ses conditions pour continuer à donner sa foi en Jésus crucifié. Son doigt dans la marque des clous, sa main dans son côté… Thomas se refuse à la naïveté de croire, il veut des preuves, il doute. Le témoignage des autres disciples ne lui suffit pas.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Malgré ses revirements d’humeur, j’aime bien Thomas. Il est tellement proche de beaucoup de nos questions et de nos cheminements de foi. Thomas demande des preuves parce qu’il doute. Un doute qui n’est pas nécessairement le contraire de la foi, mais plutôt un doute qui ouvre au cheminement de la foi.

En effet, nos manques, nos failles et nos doutes constituent ce que nous sommes, Comme le dit le philosophe allemand Martin Heidegger, le vide n’est pas un défaut. C’est plutôt un espace de liberté où le questionnement devient chemin de liberté.

Cette attitude d’ouverture et d’accueil permet la rencontre du Crucifié ressuscité. Jésus vient au-devant de Thomas, répond à sa demande en lui offrant ses plaies à toucher, pour pénétrer en quelque sorte au plus profond de son humanité, à reconnaître le transfiguré dans le souffrant. L’évangile ne dit pas si Thomas a effectivement mis sa main dans les plaies de Jésus. Ce que l’on sait, par ailleurs, c’est que Thomas a reconnu le Maître auquel il avait déjà donné sa foi. Et cette nouvelle reconnaissance de Thomas à l’égard du Christ ressuscité nous a valu l’acte de foi le plus solennel, si j’ose dire, que nous ayons entendu à travers les écrits du Nouveau Testament : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Et de la part de Jésus, une neuvième et dernière béatitude : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu ».

Comme ce passage de l’évangile est rafraîchissant ! Comme le cheminement de Thomas est rassurant ! Comme ce message nous donne l’autorisation du doute et de la recherche !

Nous sommes, en effet, tous et toutes, un peu comme l’apôtre Thomas : capables d’enthousiasme et de courage en même temps que capables des doutes les plus profonds et du pessimisme le plus noir. Ce passage exprime haut et fort que l’Évangile s’adresse au tout-venant, et non pas seulement à des êtres d’exception. Le christianisme n’est pas élitiste. La foi chrétienne est offerte à tous et à toutes avec la même largesse, la même générosité, la même tendresse.

Jésus ressuscité nous apporte cette Bonne Nouvelle d’un Dieu proche, d’un Dieu qui vient au-devant de nous et qui ne se laisse pas arrêter par les portes closes de nos incrédulités. Un Dieu qui ne se laisse pas démonter par nos doutes et nos questions comme ceux de l’apôtre Thomas, d’un Dieu qui n’hésite pas à nous montrer son côté ouvert, ses mains et ses pieds brisés en signe de sa compassion pour chacun et chacune d’entre nous. Oui, le cœur de Dieu est largement ouvert, c’est de ce message que le Christ est porteur. Pour nous tous et nous toutes, les Thomas d’aujourd’hui.

Dieu ne nous demande pas de transporter des montagnes, pas plus que d’être des super-héros. Dieu nous appelle simplement à être de nouveaux Thomas prêts à surmonter leurs doutes pour croire à cet Amour infini de Dieu et à s’ouvrir totalement à sa grâce toujours offerte. Parce que cet Amour nous entraîne. Nous emporte. Nous transfigure. Nous illumine. Croire envers et malgré tout, c’est l’appel de notre Dieu pour nous tous et pour nous toutes aujourd’hui. AMEN !

Prédication du 2e dimanche de Pâques (B), le 8 avril 2018

 

TEXTES BIBLIQUES

1 Jean 1, 1-5

Jean 20, 19-31

 

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