La vie n’attend pas

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Le texte de la tentation par le diable de Jésus conduit au désert par l’Esprit, pendant quarante jours,1 est utilisé depuis des siècles pour amorcer le temps du Carême. À notre tour nous sommes invités ce matin, par ce même Esprit, à nous mettre en résonance avec ce récit dont la portée symbolique évoque tout à la fois la saga du peuple hébreux en route vers la terre promise, donc l’histoire collective, et les soubresauts et tiraillements des choix existentiels dans nos histoires personnelles, sans cesse à revisiter au fil des ans.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Récit initiatique pourrait-on dire. Car si Jésus est le Christ divin c’est dans et par son humanité : ce qu’il vit, ce qu’il traverse, nous rejoint dans notre condition humaine. Si nous acceptons qu’il en soit ainsi, notre propre baptême, consciemment assumé, unit notre vie à celle de Jésus. Cela signifie, entre autres, que la Parole portée dans l’Écriture est vivante, active, tel un levain au cœur de notre propre expérience. Nous ne sommes pas seuls professons-nous. Et c’est dans cette adhésion du cœur, de la foi, animée par l’Esprit divin, que nous trouvons la force à notre tour d’emboiter le pas et d’aller avec Jésus là où il va. Si, de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.2

La vie n’attend pas, nous ne pouvons faire du sur place quoi que nous en pensions et même si nous prétendons le contraire. Semblable à une mise à jour périodique de nos compétences en secourisme ou tout autre domaine, ou encore comme une formation permanente indispensable pour maintenir un haut niveau de qualité dans notre travail, l’outil pédagogique de l’année liturgique nous ramène à nouveau à cette période du Carême. Où en en suis-je dans ma vie ? Quelles sont les valeurs qui mobilisent mes énergies? Comment est-ce que j’utilise mon temps, mes ressources? Quelles contributions est-ce que j’apporte à ma famille, à mon milieu, à ma communauté, à mon pays, au monde? Comment les enjeux contemporains et les problèmes actuels orientent-ils mes choix comme citoyen et ma solidarité envers les vivants de cette planète? Comment la Parole de Dieu me guide-t-elle pour discerner les chemins de vie?

Ce sont là des questions simples qui, si elles sont considérées avec sérieux, impliquent une démarche en profondeur exigeante. Êtes-vous prêts à cela? Identifier les sollicitations du diable en soi et en discerner les ramifications dans la vie collective, c’est une tâche périlleuse, décapante. Pour ne pas céder aux mirages de l’avoir, de la gloire, du pouvoir, il faut mourir à soi-même (jeûner), ressentir en profondeur la faim, prendre conscience des désirs, des insécurités et des manques qui alimentent l’idée superficielle que j’ai de moi-même (le faux moi comme en parle le père Thomas Keating) et m’amènent à des comportements et des conceptions qui m’éloignent de la vie authentique pour moi-même et les autres.

Mais c’est simultanément faire l’expérience, intime, personnelle, de la vitalité de la Parole de Dieu, du mouvement de l’Esprit qui, en union au Christ, m’affranchit des séductions mensongères du Malin pour me redonner à moi-même, nu et humble, mais renouvelé par la puissance de Dieu mon refuge, ma forteresse, dont la fidélité est un bouclier, une armure, car tu as fait du Très-Haut ta demeure.3 Allons, la vie, la vraie vie, n’attend pas. Vivons ce Carême à la suite de Jésus. Amen.

2 Romains 10, 9

3 Psaume 91, 2.4.9

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