Il m’a relevée… ma vie a basculé

Y’était pas question que cet homme entre chez nous ! Moi, me mettre à servir celui qui risquait de détruire ma famille ! Jamais de la vie. Quand Simon et André sont venus m’annoncer qu’ils avaient décidé de laisser leurs filets pour suivre ce prédicateur itinérant… ben c’était tellement invraisemblable que j’ai éclaté de rire ! Devenir « pêcheur d’hommes »… tu parles d’une affaire ! J’en ai tellement ri ! J’en avais les larmes aux yeux ! Mais j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps quand je me suis rendu compte que pour Simon et André, c’était pas des farces ! Ils avaient vraiment l’intention de tout lâcher pour suivre ce Jésus de Nazareth ! Simon a beau essayé d’expliquer… je ne voulais rien savoir. J’en avais déjà jusque de ce Jésus. Depuis son arrivée en ville, on ne parlait que de lui. On disait qu’il était entré dans la synagogue et qu’il s’était mis à enseigner en homme qui a autorité. « Mais pas comme les scribes » disait-on. Vous savez, ceux qui utilisent leurs connaissances et leurs livres de théologie pour exercer un pouvoir surles autres, pour les mettre – et les garder – à leur place. « L’autorité de Jésus », disait-on, « C’est un pouvoir avec les autres, pour les relever et les mettre en marche. Il dit seulement une Parole… et la page est tournée. Un nouveau chapitre, une vie nouvelle commence ! » Bon… les gens l’écoutaient comme si c’était Dieu lui-même en personne descendu du ciel pour nous parler directement, personnellement. Moi, personnellement, je n’allais pas me laisser prendre au piège par ce charlatan de Nazareth. Peut-il sortir quelque chose de bon de Nazareth ? J’étais convaincue que les gens allaient finir par voir en Jésus, non pas un sauveur, un héro, mais un looser de la première espèce ! Ben, quoi ?! Il fallait que je pense à ma fille. Qu’est-ce qu’elle allait devenir ? Pour Simon et André, il y avait une bonne nouvelle à annoncer, « Le règne de Dieu est proche » disaient-ils. Mais je ne pouvais pas empêcher de penser que les Romains, eux, ceux qui règnent actuellement, ils n’accueilleraient probablement pas ce message comme une bonne nouvelle. Et là… toute cette histoire pourrait très mal tourner pour Simon, André et leurs amis. Ils pourraient finir crucifiés. Et une histoire qui se termine par une crucifixion, ce serait une bonne nouvelle pour qui, ça ?

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.


Quand Simon décide de quelque chose, il fait toujours à sa tête. Pas moyen de le faire changer d’idée. La seule place où j’ai un peu d’autorité, c’était à la maison. Si je ne pouvais pas empêcher Simon et André de devenir disciples de Jésus, je pouvais quand même refuser de le servir, moi. J’ai été très claire là-dessus. Cet homme n’allait pas entrer chez nous ! Jamais de mon vivant !

Il est donc entré alors que j’étais à moitié ou à ¾ morte….alitée…avec l’une de ces fièvres…démentielles. Je n’étais pas vraiment morte mais c’était tout comme. Mon corps m’avait trahie. Plus capable de mener une vie « normale », de faire des choses comme tout le monde. Je me disais « À quoi bon continuer quand la vie ne rime plus à rien ? » Mes pensées, comme autant d’esprits mauvais, me tourmentaient, m’empêchaient de vivre, autant que ma fièvre.

Heureusement que Jésus est plus fort que tous nos esprits mauvais comme toutes nos résistances et nos réticences. On lui a parlé de moi. Il est entré dans la maison et dans l’intimité de ma chambre. Son regard s’est abaissé sur moi, et j’ai tout de suite senti que ce n’était pas pour me juger, pour me condamner mais bien pour me bénir. Vous allez peut-être vous dire que la fièvre me faisait délirer mais je vous jure, lorsque Jésus s’est approché de moi, en le voyant, j’avais l’impression de contempler la face du Dieu vivant. C’était comme si, pour la première fois de ma vie, quelqu’un me voyait vraiment… non seulement ce que je suis mais aussi tout ce que je pourrais devenir par la grâce de Dieu. Jésus est entré dans ma vie. Il m’a pris par la main. (Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir du toucher, surtout pour les gens qu’on a peur de toucher, des gens qu’on ne touche plus avec affection ou compassion). Jésus pris par la main. Il m’a relevée et ma vie a basculé. La fièvre m’a quittée. Une véritable résurrection ! Ce n’était pas une réanimation. Une fois que Jésus te prend par la main pour te relever, impossible de reprendre ta vie d’avant comme si de rien n’était.

C’est drôle à dire mais j’ai tout de suite senti que mon histoire ne faisait que commencer, que Jésus avait tourné la page, qu’un nouveau chapitre venait de commencer et que j’avais un rôle à jouer dans quelque chose… quelque chose que j’ai encore du mal à saisir. Comme je ne savais pas par où commencer, j’ai commencé par ce que je savais déjà faire. Je me suis mise à les servir.

Le soir venu, on servait beaucoup de monde. La ville entière était rassemblée à la porte. On amenait à Jésus les malades, les possédés, les blessés ; ceux et celles qui…à cause de leur condition, physique, psychologique ou leur statut social étaient marginalisés, exclus ou carrément bannis de la communauté. Toutes et tous avaient touché le fond du baril.

Tant de monde… et tant de besoins… vous pensez peut-être que c’était décourageant, déprimant. Pourtant, c’était tout à fait le contraire. Rassemblés autour de Jésus, tout le monde était tellement rempli d’espoir, plein de vie… tout le monde ! C’est là que j’ai compris un truc. Jésus a guéri beaucoup de monde. Mais si être sauvé veut dire être une personne « entière » « comblée » « vivant en communion avec Dieu et les autres », ben, ce soir-là, Jésus en a guéri quelques uns mais il nous a sauvés tous et toutes, même ceux et celles qui n’ont pas été guéris physiquement. Être guéri, c’est une grande bénédiction. Ayant souffert moi-même dans mon corps, je le sais personnellement. Mais je sais aussi que notre santé physique n’est que temporaire. Notre salut, par contre, est éternel. Mais ce n’est pas quelque chose qui nous attend uniquement dans la vie au delà de cette vie. Cette communion avec Dieu, on peut y goûter dès aujourd’hui… lorsque nous vivons en communion les uns avec les autres. C’était ça le vrai miracle de cette soirée-là : l’esprit de communion dans l’air. Chacun, chacune servait selon ses capacités mais nous étions unis dans notre désir d’aider Jésus à en sauver d’autres.

Aux petites heures du matin nous étions unis dans le chant de psaumes d’action de grâce… « Alléluia ! Qu’il est bon de chanter notre Dieu, qu’il est agréable de le bien louer ! Le SEIGNEUR rassemblera ses enfants de partout. C’est lui qui guérit les cœurs brisés et panse leurs blessures. »

J’étais tellement absorbée dans ce que je faisais que je ne voyais pas le temps passer. Mais à un moment donné, j’ai levé les yeux… et je ne voyais plus Jésus au milieu de nous. Où était-il passé ? Simon et ses compagnons sont allés le chercher. Mais Simon est revenu tout seul. Il m’a pris à part pour m’annoncer que Jésus ne revenait pas… qu’il fallait qu’ils partent toute la gang pour les villages voisins afin que la bonne nouvelle y soit aussi proclamée. Quoi ?! J’en croyais pas mes oreilles !! Il y avait encore du travail à faire ici ! Tant de monde dans le besoin. Comment pouvait-il nous remplir d’espoir pour nous abandonner par la suite ? Comme le prophète, j’ai voulu lever les mains pour appeler le feu du ciel sur Jésus ! Et c’est là que j’ai les ai vues… mes mains… que Jésus avait prises dans les siennes. Non, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir que nous avons entre nos mains, nous qui avons été touchés par Jésus, nous qu’il a relevés en nous prenant par la main. Je savais ce que j’avais à faire. Je me suis mise à les servir. Amen.

Par Darla Sloan

Le 4 février 2018 – 5 Épiphanie B18 – Église Unie St-Pierre

 

LECTURES BIBLIQUES

Psaume 147, 1-9.11.20c

1 Corinthiens 9, 16-23

Marc 1, 29-39

Il m’a relevée… ma vie a basculé

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