Disciple académie

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

C’est la rentrée. Les élèves, les étudiants-es et les profs sont de retour en classe. Les activités reprennent à l’Église et dans nos centres de loisirs. Et les chaines de télévision commencent à annoncer le début des nouvelles saisons de nos émissions de télévision préférées. Avez-vous hâte que certaines émissions reviennent ? Lesquelles ? Parmi vos préférées, y a-t-il des émissions de télé-réalité ? Vous savez ces émissions très populaires où, tout au long de la saison, les gens se livrent à une compétition féroce pour sortir gagnant à la fin de la saison. Dans une certaine mesure, ces émissions sont vraiment proches de la réalité.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Nous vivons dans un monde compétitif…une société qui valorise les résultats instantanés et la gratification immédiate. À mon avis, ceci explique, en grande partie, la popularité des émissions de comme Star Académie, la Voix, Les Dieux de la danse, ou Top chef !, pour ne nommer que celles-là. (Et vous voyez, il y en a pour tous les goûts, dans toutes les sphères de la réalité). Les réalisateurs attribuent le « succès » de telles émissions au fait qu’elles rejoignent une aspiration profonde de l’être humaine : celle « d’être quelqu’un », de se démarquer de la foule, d’être en tête. Ce qui fait la popularité de ces émissions, c’est que, pour la toute première fois dans l’histoire de la télévision, devenir une star, une idole instantanée, semble être à la portée de tous et chacune. En vérité, ces émissions produisent des idoles… des faux dieux… qui prétendent offrir à des gens ordinaires une vie nouvelle et extraordinaire… à condition, bien sûr, de sortir gagnant d’une compétition féroce… et parfois cruelle. Non, ces émissions ne sont pas pas très loin de la réalité, effectivement.

Les effets dévastateurs de la compétitivité sont visibles dans toutes les sphères de la vie : l’intimidation dans les cours d’école, le dopage dans le monde du sport, les fraudes et les détournements de fonds par des gens fortunées qui veulent amasser encore plus, le burnout chez des gens couronnés de succès qui cherchent quand même à aller « un peu plus haut, un peu plus loin », comme le chantait Ginette Reno…sans parler de la dépression de gens ordinaires qui n’ont pas… ou n’ont plus ce qu’il faut pour se démarquer. Tout cela à cause des faux dieux qui nous disent que l’avenir appartient à ceux qui s’élèvent à la première place. Mais, en quelque part, au plus profond de nous, si nous l’écoutons, il y a une autre voix qui nous dit que toutes ces réussites ne suffiraient jamais pour étancher le plus grande soif de l’être humain : celle de l’Amour, cet amour divin qui nous accepte tels que nous sommes, mêmes lorsqu’on est dépouillés de toute les marque du succès.

En vérité, le monde n’a pas besoin d’autres idoles. Il a besoin de modèles, des gens qui démontrent par leurs gestes et leurs paroles, ainsi que par leurs attitudes et leur manière de se situer par rapport à la compétitivité débridée de la société, qu’un autre monde est possible. Le monde a besoin de modèles pour proclamer haut et fort, de tout leur être, que le bonheur, la paix du cœur, la vie en abondance ne se gagnent pas par une compétition féroce, mais s’offre à nous par une communion intense avec Dieu et avec les autres. C’est ce que Jésus nous offre… la possibilité de vivre autrement. Et il nous invite tous et toutes à participer à son programme « Disciple académie », comme il l’a fait pour ses premiers disciples.

Prenons Jacques et Jean, par exemple. Ce sont des gars ben ordinaires, deux pêcheurs d’un petit village des « régions ». Ils rêvent d’un avenir meilleur alors ils acceptent l’invitation de suivre la plus grande vedette de leur époque… Jésus de Nazareth. Ils se disent que s’ils mènent bien leur jeu, ils partageront un jour sa gloire… et seront des stars à leur tour. Ils ne veulent pas se mêler à la foule. Ils veulent se démarquer. Alors ils se lancent : « Maître, donne-nous d’être assis, l’un à ta droite, l’autre à ta gauche dans ta gloire. » Ils ont beau suivre Jésus depuis plusieurs saisons déjà, ils ont encore des choses à apprendre. Même si Marc 10, 32 nous dit qu’à l’approche de Jérusalem, les disciples commencent à être angoissés, Jacques et Jean, eux, n’ont pas encore saisi que la gloire de Jésus n’est pas la gloire des grandes vedettes de ce monde. « Vous ne savez pas ce que vous demandez. » leur dit Jésus.

Bon… si Jacques et Jean étaient des participants à Star académie, ils auraient sûrement été rapidement écartés…disqualifiés. Mais à Disciples académie, les règles du jeu sont différentes. Ce n’est pas la performance des académiciens qui fait la différence…c’est la compassion et la grâce du maître qui compte. Et ce maître, tout en étant notre frère, n’a rien à voir avec Big Brother. C’est par la grâce du Christ que Jacques et Jean partageront le baptême et la coupe de leur maître. Et, à la longue, et malgré leur faux départ, ils remporteront la coupe… la vraie ! Pas un trophée qu’on admire de loin… et qui apporte qu’un bonheur et une satisfaction très éphémères… mais la coupe qui déborde… et qui étanche notre plus grande soif… notre soif de Dieu.

C’est une bonne nouvelle pour Jacques et Jean… mais pour nous aussi, n’est-ce pas ? Car, si tout dépendait de notre performance personnelle comme disciples, qui pourrait espérer prendre la première place et partager la gloire de notre maître ? Pas moi, en tout cas. Mais Jésus ne perd pas son temps à assigner des places. Ce n’est pas ça sa mission. Sa coupe est offerte à tous et toutes. Du premier jusqu’au dernier disciple, nous sommes invités à boire à long traits à la coupe de la vie. La gloire du Christ n’est pas réservée à quelques individus qui se démarquent. Elle est partagée avec tous ceux et celles qui servent les foules comme le Christ l’a fait. Christ n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égale avec Dieu mais qui s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur (Philippiens 2, 6-7).

Et oui…une vie extraordinaire est à notre portée…. même pour ceux et celles qui n’ont aucun talent remarquable. Même si, selon les standards du monde, nous n’avons pas, ou n’avons plus, beaucoup de pouvoir ou d’influence, nous pouvons toutes et tous choisir de ne rien faire par rivalité ou par vaine gloire et chacun, au lieu de considérer ses propres intérêts peut considérer ceux des autres. Par la communion de l’Esprit nous pouvons tous et toutes prendre la condition de serviteur à la suite du Christ. Pas besoin d’être jeune, beaux, fort, riche et puissant pour servir.

Qui sont les personnes qui ont été le Christ pour vous ? Qui a déjà été ton serviteur ? Qu’est-ce que cette personne a fait ? Pas besoin d’être en tête ou à l’affiche pour laisser sa marque. Les vrais serviteurs s’abaissent pour relever les autres. Comme le Christ lui-même l’a fait. C’était dans la faiblesse et la fragilité que le Christ nous offert son plus grand service. Qu’il en soit ainsi pour nous tous et toutes pour la gloire de Dieu et la transformation du monde. Amen.

Le 16 septembre 2018 – 17e dimanche après la Pentecôte – Pinguet

LECTURES BIBLIQUES

Philippiens 2, 1-11

Marc 10, 35-45

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