Des cieux nouveaux, maintenant et toujours

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

« Sale temps pour fêter la naissance du Christ, n’est-ce pas ? » J’ose imaginer que c’est là une phrase mille fois répétée au cours des dernières 2000 années. Noël n’est pas nécessairement synonyme de temps de paix et d’abondance, surtout en dehors de nos contrées pourtant bien nanties. Après la peste, la persécution, les guerres de religion, les camps de concentration, le Covid 19 et les magouilles politiques de toutes sortes qui ont encore lieu aujourd’hui, on peut en conclure que l’humanité n’est pas sortie du bois de ci tôt. Honnêtement, ça me donnerait la chienne si ce n’était pas de ce récurant désir de célébrer un évènement extraordinaire : faisant toutes choses nouvelles, Dieu se révéla à travers la naissance d’un jeune enfant. Toujours et encore chez nous ce même désir d’une Terre et de Cieux nouveaux.

L’Évangile d’aujourd’hui débute par l’écho d’une prophétie ancienne. Une prophétie énoncée dans une partie du monde où la guerre, la destruction et la déception étaient quotidiennes. Il y a plus de 2500 ans furent anéantis deux Royaumes. Une Terre sainte autrefois unie par l’élection de Dieu. Or, la prédication d’un certain Ésaïe, prophète prêchant la Parole de Dieu, incite le peuple à se repentir pour mieux se redresser. C’est là une prophétie d’actualité pour les israélites qui, après l’exil à Babylone, s’en retournèrent chez eux. Comme disait notre sœur, Darla, dimanche passé, ce n’est pas un retour qui a été facile. Les attentes du peuple eurent à faire face à la réalité décapante des ruines : ce que l’on croyait acquis à fort prix est toujours à reconstruire. La repentance, du fait qu’elle est liée au devenir du peuple de Dieu, est toujours à reconduire. Dur apprentissage que celui de cet éternel retour.

Dieu, lorsqu’on lit la prophétie d’Ésaïe avec attention, ne passe pas tant par des chemins, des rues ou encore des boulevards, mais une relation. Un dialogue honnête et sans concession avec le peuple des saints. Sa parole invite ses auditeurs à remettre en ordre leur vie, à se préparer à une transformation de la fabrique du monde. Comprenons ici que la repentance et l’attention à la Parole de Dieu correspondent à des vecteurs de changements personnels, mais aussi sociaux. En d’autres termes, accueillir la parole de Dieu coïncide avec un regard sur soi-même, un regard d’introspection nous permettant de voir où l’on se situe et quel est l’état même de nos « chemins » collectifs.

Relation… dialogue ouvert entre Dieu et son peuple. Pas étonnant, alors, que l’auteur de l’Évangile d’aujourd’hui ait inséré la prédication d’Ésaïe pour introduire le ministère de Jean-le-Baptiste. Préparons les chemins du Seigneur dans le désert, dit-il ; réformons-nous en pratiquant un signe d’absolution. En soulignant ainsi la grâce de Dieu pour tout être humain qui écoute et se laisse travailler au point de choisir la voie de la justice, il nous est donné d’entrer dans un pèlerinage. Nous sommes ces pèlerins qui, portés par le repentir, se disent à chacun et chacune : « En marche, suivons l’Étoile ! Marchons doucement et sans crainte vers le jour qui vient, jour du Seigneur ! »

En ce temps de l’avent, nous sommes appelés en quelque sorte à renouveler notre baptême en reconnaissant devant Dieu et le monde blessé que nous sommes des pèlerins-confessant. Des marcheurs d’espérance. C’est en faisant vérité sur notre finitude que nous pourrons être enclin à entrer en relation avec le tout-Autre. Allégés de nos poids et honnêtes envers nous-mêmes, nos cœurs seront prêt à offrir l’hospitalité à ce Dieu qui vient au jour afin de nous transmettre sa Parole qui est aussi Verbe de Vie.

Noël vient de nouveau. Une fois de plus, la prédication d’Ésaïe résonne en écho. Dieu n’a pas encore fait de cieux nouveaux ; il est déjà en processus de, ici maintenant, dans nos temples et nos vies. Il fera, en passant par l’humanité revenant à lui, une terre nouvelle où la justice peut habiter. Par la Parole que nous prêchons, par l’Esprit que nous accueillons, il nous est donné avec l’aide de Dieu de créer et recréer du neuf dans ce monde comme à l’intérieur de nous.

« Sale temps pour fêter la naissance du Christ, n’est-ce pas ? » Qui oserait dire le contraire ? Or, en cet instant même, voici cette occasion nous permettant de signer nos armistices. Une occasion où l’on peut s’arrêter pour un moment afin d’espérer  en Dieu et lui demander pardon pour le mal que nous avons fait à sa création, aux vivants comme à nos frères et sœurs… Mais, c’est aussi un temps fort précieux où l’on peut rendre grâce à Dieu pour des Cieux nouveaux et une Terre nouvelle qui émergent de nos cœurs laissés à chair vive.

Frères et sœurs, en marche vers le jour du Seigneur qui est, était et sera, de toute éternité.

LECTURES BIBLIQUES

Ésaïe 40 : 1-11

Psaume 85

2 Pierre 3 : 8-15

Marc 1 : 1-8

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