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C’est du vent… !

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Pour beaucoup de monde, l’Évangile de Jésus Christ, c’est du vent. C’est le cas dans le Québec d’aujourd’hui où le christianisme est régulièrement ridiculisé sur la place publique… et où le péché de certains (pas de tous, mais de certains) de nos ancêtres dans la foi fait que, aux yeux de plusieurs, tous les croyants sont discrédités. Souvent on nous prend pour des imbéciles… quand on ne nous prend pas pour des fanatiques ! Mais, en fait, ce n’est pas juste nous, ici, aujourd’hui. C’est ainsi depuis le tout début du christianisme. Et l’un des premiers « imbéciles », c’était l’apôtre Paul.

Je le sais, tout comme certains n’aiment pas l’Évangile de Jean (Écoutez la prédication de Joëlle de la semaine dernière, pour entendre sa confession 😉 ), il y en a qui ont de la difficulté avec Paul et ses écrits. Pourtant, comme c’est le cas pour l’Évangile de Jean… ce n’est pas tant Paul et ses écrits qui posent problème mais plutôt la manière dont ils ont été utilisés au fil des siècles pour condamner et exclure des gens… plutôt que pour les inviter à embarquer sur le chemin de la vie dans l’Esprit.

Personnellement, je ne peux qu’admettre que j’ai beaucoup à apprendre de Paul, du moins tel qu’il est présenté dans l’extrait des Actes que nous venons d’entendre. C’est un grand orateur qui sait structurer ses discours selon les règles de l’art et en les adaptant à son auditoire pour être le plus convaincant possible.

Même avec une logique implacable et des preuves scientifiques à l’appui, il n’est pas facile d’amener quelqu’un à changer d’avis. Et c’est encore plus difficile d’amener les gens à changer de vie. De nos jours, ce ne sont pas toutes les Églises qui sont inclusives. Dans la société en générale, il y a des gens qui continuent à nier l’urgence climatique. D’autres croient dur comme fer que la Terre est plate. D’autres que les vaccins sont un danger public… ou le coronavirus est une conspiration gouvernementale. Si vous avez déjà eu l’occasion de discuter avec quelqu’un qui ne partage pas vos opinions – peu importe le sujet – vous savez qu’on arrive rarement à nous faire changer d’avis. Et l’inverse est aussi vrai. Pourquoi est-ce comme ça ?

Un jour, je suis tombée sur un début de réponse à cette question dans l’une des Conférences TED (Technology Entertainment and Design). C’est une série de conférences sur toutes sortes de sujets qu’on trouve sur Internet. Dans celle que j’ai écoutée l’autre jour, on expliquait que ce n’est pas en soulignant toutes les raisons – scientifiques ou non – pour lesquelles notre interlocuteur est dans l’erreur et que nous avons raison que nous sommes le plus convaincants. Il faut bâtir sur les croyances et les valeurs que nous avons en commun avec notre interlocuteur.

Alors revenons à l’extrait des Actes. Paul, il l’a l’affaire. Ce matin nous le retrouvons à Athènes, ville modèle de la culture grecque, pleine de gens instruits de plusieurs courants de pensée, des philosophes qui aiment débattre des idées, échanger. Ça doit être eux les premiers qui ont dit… « On jase… ». Paul aussi aime débattre. Et ce matin, il est en feu ! Il est indigné de voir à quel point les gens se prosternent devant de faux dieux. Comme certains d’entre nous sommes indignés de voir à quel point nos contemporains se prosternent devant les idoles de notre temps (la croissance économique, la productivité, la rentabilité, la prospérité… nommez-les). Paul est indigné… mais il n’ouvre pas son discours en disant : « Gang d’imbéciles ! Ne voyez-vous pas que vous êtes complètement dans le champ…que vous êtes sur un chemin qui mène directement dans le mur ? » Et il ne dit pas non plus : « Si vous n’embarquez pas avec moi et ma gang de disciples, vous êtes foutus ! Châtiment éternel pour votre désobéissance à la Parole de Dieu ! »

Le discours de Paul est fondé sur les croyances et des valeurs que ses interlocuteurs partagent avec lui, sur leur humanité commune et surtout sur le fait qu’une même quête spirituelle les habite. Paul leur dit : « Ce que vous recherchez, ce « dieu inconnu » qui vous échappe, que vous recherchez sans savoir le nommer, je l’ai trouvé en Jésus Christ… crucifié et ressuscité. » Pis… ça marche… un peu… De toute évidence, ce n’est pas simplement une question de technique. Il y a une part de mystère dans tout ça… et le souffle de l’Esprit assurément !

Beaucoup ont entendu Paul. Mais cette journée-là à Athènes, ceux et celles qui ont cru, on peut les compter sur les doigts d’une main. Pas un grand succès ! Comme les résultats de bien de nos efforts, n’est-ce pas ? Qu’est-ce qui a fait que Denys, Damaris et ceux et celles qui ne sont pas nommés l’ont cru ? L’histoire ne le dit pas… mais ma propre histoire… et celle de bien des gens que je côtoie depuis que je suis revenue à la foi… me font penser que peut-être qu’ils ont ressenti chez Paul quelque chose qui a résonné avec leurs aspirations profondes, leur quête spirituelle – quête de Dieu, quête de vérité et de vie. Peut-être qu’ils ont perçu en Paul une étincelle divine qui a attisé leur espérance et leur confiance en Dieu.

Ce jour-là, ils n’étaient que quelques-uns. Mais au fil du temps, grâce au témoignage de Paul et d’autres, des hommes et des femmes ont embarqué sur le chemin du Christ. C’est vrai que certains se sont égarés, se sont perdus, ou sont tombés dans des pièges chemin faisant. Mais il y en a d’autres qui, par la grâce de Dieu et animés par l’Esprit de vérité, ont été des instruments de la paix et de l’amour de Dieu dans le monde… jusque dans nos vies, n’est-ce pas ? Aussi, pouvons-nous témoigner, nous aussi, que l’Esprit qui est à l’œuvre en nous et parmi nous, c’est du vent… mais du vent qui, petit-à-petit, souvent une vie à la fois, peut changer le monde. Ainsi soit-il. Amen.

 

LECTURES BIBLIQUES

Actes 17, 16-34

 

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