À la table du Seigneur…

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Comme vous le savez, samedi prochain nous célébrerons les 30 ans de Saint-Pierre. Dans la foulée des préparatifs, j’ai passé plusieurs heures à éplucher nos archives et à rassembler des photos. Savez-vous ce qui m’a frappé? La ressemblance entre nos « photos de famille » et l’image de la communauté chrétienne qu’on trouve dans l’extrait des Actes de ce matin. Dans nos albums il y a des photos d’études bibliques, de célébrations du Jeudi saint, de temps de partage après nos cultes, de repas communautaires, ainsi que de célébrations de la Cène. Saint-Pierre est effectivement une communauté assidue « à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières ». Il est vrai que toutes ces photos nous montrent à notre meilleur. (Un peu comme Facebook nous donne l’impression que tous nos amis ont des vies « parfaites » parce que, généralement, les gens ne relayent que leurs plus belles photos de leurs plus beaux moments). Nos photos ne disent pas tout… mais elles disent tout de même vrai. Et la vérité… c’est que, bien que nous ne soyons pas ce qu’on appellerait une Église « sacramentelle », c’est très souvent autour de la table que le Seigneur nous rassemble.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Cela ne devrait pas nous surprendre. Jésus nous le dit lui-même : il est venu nous montrer où trouver de quoi nous nourrir… et pas juste le stricte minimum… il est venu afin que nous ayons la vie en abondance. Jésus, le bon berger, dresse devant nous une table où nos coupes ne sont pas seulement remplies, elles débordent.

Nous ne manquons de rien… ou de très peu… même les plus pauvres entre nous ne sont pas complètement dépourvus de ressources comparativement à d’autres. Ainsi, avons-nous tendance à ne penser qu’à la nourriture spirituelle que le Christ nous donne – pour assouvir cette faim qui nous tire de nos lits de bonne heure le dimanche matin. Pourtant, il ne faut pas oublier que pour avoir la vie en abondance, toutes les brebis du Christ doivent trouver de quoi se nourrir le corps, tout autant que l’esprit. Jésus lui-même se préoccupe de ce que les foules qui le suivent vont manger : le récit de la multiplication des pain est raconté six fois dans les Évangiles. Et comme nous le voyons dans l’extrait des Actes que nous venons d’entendre, oui l’Église est une assemblée d’hommes et de femmes qui prient et qui partagent la Cène. Mais le fait de prendre des repas ensemble dans la joie est aussi un trait distinctif de la communauté qui se rassemble autour du Ressuscité.

Le théologien américain John Dominic Crossan disait justement que la commensalité – le fait de rassembler à une même table des gens d’origines et de classes sociales différentes – étaient l’un des traits distinctifs… et attrayants… de l’Église primitive.

Et Saint-Pierre a des airs de famille avec l’Église dépeinte dans lesActes… du moins à en juger par les photos dans nos archives. Pourtant, les extraits bibliques de ce matin m’interpellent: est-ce suffisant que nos membres et amis se lèvent de table repus? Est-ce cela la vie abondante à laquelle nous sommes appelés? En quoi sommes nous différente de la société environnante ? Et notre différence brille-t-elle assez forte rendre notre communauté attrayante à ceux et celles qui cherchent autre chose que ce que la société contemporain leur offre ?

Depuis février, l’état de famine a été déclaré dans plusieurs régions du Soudan du Sud et cette catastrophe menace de se propager à la Somalie, au Nigeria et au Yémen. Ainsi le Conseil œcuménique des Églises (COE) et la Conférence des Églises de toute l’Afrique (CETA), aux côtés d’un certain nombre de réseaux et de partenaires confessionnels, lancent un appel à une Journée mondiale de prière pour mettre fin à la famine le 21 mai 2017. Selon le Pasteur Olav Fykse Tveit, Secrétaire général du COE, les Églises ont un rôle prophétique à jouer en mobilisant leurs membres à prier et à agir pour mettre un terme à la famine. L’Église Unie, quant à elle encourage ses membres et adhérentes à contribuer à sa campagne d’aide aux personnes affligées par la famine ainsi qu’à marquer la journée de prière par nos intercessions et nos gestes solidaires. L’Église doit se tenir debout : le cœur élevé pour pour prier…le point levé et pour manifester… pour exiger une réponse adéquate de la part de nos élus… et la main tendue pour subvenir aux besoins de nos frères et sœurs qui ont faim. Comme disciples du Christ, nous sommes appelés, nous aussi, à dresser une table à laquelle nos frères et sœurs trouveront le salut : une vie saine et abondante.

C’est bien documenté : alors que des millions crèvent de malnutrition ailleurs dans le monde, nos jeunes souffrent de plus en plus de problèmes de santé reliés à la malbouffe et la sédentarité. L’Église a-t-elle un rôle prophétique à jouer en prônant, en promouvant et en vivant de saines habitudes selon les besoins de tout un chacun ? Est-ce cela l’un des signes et des prodige que pourra faire l’Église de notre temps ?

La commensalité demeure l’un des traits distinctifs… et l’un des attraits de l’Église. Pour le savoir, on n’a qu’à regarder les photos des trente premières années de Saint-Pierre… et toutes ces personnes d’horizons très différents les uns des autres qui, au fil des ans, se sont retrouvées ensemble autour de nos tables. Alors que nous préparons à souligner son anniversaire, prions que, par la grâce de Dieu, s’élargisse le cercle de ceux et celles qui trouvent parmi nous de quoi se nourrir le corps comme l’esprit. Et que nous accomplissions ici et en notre temps, des signes et des prodiges pour la gloire de Dieu et le salut du monde. Amen.

Par Darla Sloan

7 mai 2017 – 4 Pâques A17 – Église Unie Saint-Pierre

 

LECTURES BIBLIQUES

Psaume 23

Actes 2, 42-47

Jean 10, 1-10

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