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Redressez-vous, relevez la tête, votre délivrance est proche… Luc 21, 28b

La venue du Fils de l’homme1, sa deuxième venue comme il est d’usage de la nommer, est une des convictions fondamentales transmises depuis les toutes premières générations de chrétiens.

Nous confessons que le Créateur s’est avant tout investi dans l’univers à travers des processus d’une complexité infinie et d’une diversité sans limites, par delà le temps et l’espace tels que nous les concevons. Toutes ces choses que la science essaie de mieux comprendre pour tenter d’en appliquer les principes en vue de l’amélioration de la vie sur notre planète. Mais – et c’est cette réalité inouïe dont nous faisons mémoire à Noël, le cœur de notre expérience spirituelle en tant que chrétiens – Dieu, par un choix souverain et dans un amour incommensurable s’est inséré dans la trame de l’histoire du monde. Après une suite d’alliances successives avec l’humanité au fil des siècles, de manière mystérieuse qui dépasse notre entendement, il s’est fait chair. Dans la naissance, la vie, les gestes et les paroles, la mort puis la résurrection de Jésus le Nazaréen, Dieu affirme sa solidarité avec le déploiement de la vie, sa victoire sur le mal et la guérison du péché qui infecte l’humanité et défigure le plan divin, l’accomplissement final du règne de Dieu2, justement dans cet ultime retour du Fils de l’homme, entouré d’une nuée, dans la plénitude de la puissance et de la gloire.3

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Nous trouvons dans les paroles de Jérémie, prophète des Israélites, une portée qui dépasse sans l’abolir le moment historique de la déclaration même, un faisceau de lumière transcendante qui traverse les siècles et illumine jusqu’à notre époque : Des jours viennent – oracle du SEIGNEUR – où j’accomplirai la promesse que j’ai faite… En ce temps-là, à ce moment même, je ferai croître […] un rejeton légitime qui défendra le droit et la justice dans le pays […] Voici le nom dont on la nommera : « Le SEIGNEUR, c’est lui notre justice. »4 Cette aspiration au droit et à la justice est le souhait que nous portons tous et toutes, le contexte d’une paix véritablement enracinée qui apaise les cœurs et enveloppe les interactions humaines et les rapports avec la création toute entière. Tristement et depuis des millénaires à ce qu’il semble c’est souvent davantage par son absence que nous en reconnaissons l’absolue nécessité. La ratification, il y aura 70 ans demain, de la Déclaration universelle des droits de l’homme tentait de se situer justement au-dessus de la mêlée, d’un point de vue de la nuée pour faire écho au texte biblique; on y lit en préambule :

* Considérant que la reconnaissance de la dignité inhérente à tous les membres de la famille humaine et de leurs droits égaux et inaliénables constitue le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.

* Considérant que la méconnaissance et le mépris des droits de l’homme ont conduit à des actes de barbarie qui révoltent la conscience de l’humanité et que l’avènement d’un monde où les êtres humains seront libres de parler et de croire, libérés de la terreur et de la misère, a été proclamé comme la plus haute aspiration de l’homme.

Et le reste de la déclaration va dans le même sens. Si ce n’est déjà fait, je vous invite à lire, à relire et à méditer ce texte de référence fondamental, à dessein séculier et non-religieux.

Face aux nombreuses situations de turbulences, aux détériorations climatiques, aux multiples crises sociales, humanitaires et écologiques qui sévissent dans notre monde, devant tant de bouleversements, appréhendés ou déjà bien amorcés sur notre planète, la tentation du désespoir, le cynisme ou la fuite dans les ivresses et excès de tous genres est bien présente. On dirait d’ailleurs que tout le « système » de consommation compulsive s’y engraisse. Et me reviennent à l’esprit les propos d’une nouvelle et jeune députée à l’Assemblée nationale cette semaine : « On n’est pas contre l’argent, mais de l’argent pour quoi, si on n’a plus le temps de s’aimer, si on n’a plus le temps de prendre soin les uns des autres, si on passe notre vie sur le bord du burn-out, si on est de plus en plus isolés, atomisés, désorientés? De l’argent, pourquoi? »

L’évangile de ce matin nous appelle à rester bien vigilants, à ne pas perdre le point de vue de la nuée, c.-à-d. celui du retour du Fils de l’homme, du règne de Dieu qui vient envers et contre-tout et sera le fin mot de l’histoire. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que vos cœurs ne s’alourdissent… restez éveillés dans une prière de tous les instants pour… vous tenir debout devant le Fils de l’homme.5 Frères et sœurs nous ne devons pas sombrer dans le désespoir et l’angoisse car Le Seigneur, c’est lui notre justice. Méditons régulièrement les paroles du psaume que nous avons prié au début du culte. 6 Encourageons-nous à vivre d’ores et déjà selon les valeurs éternelles du règne de Dieu en faisant nôtre l’expérience de la succession des croyants depuis des millénaires : cette génération ne passera pas que tout n’arrive. Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas […] Redressez-vous, relevez la tête, votre délivrance est proche…7

LECTURES BIBLIQUES

Psaume 25

Jérémie 33, 14-16

Luc 21, 25–36

1 Luc 21, 27a

2 Luc 21, 31b

3 Luc 21, 27

4 Jérémie 33, 14a,15b,16b

5 Luc 21, 34a, 36a.c

6 Psaume 25

7 Luc 21, 32b, 33, 28b

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