Ne cherchez pas votre intérêt à vous, mais cherchez l’intérêt des autres

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Cet appel de Paul rend concret le grand commandement que Jésus nous a laissé de nous aimer les uns les autres. Comment aime-t-on ? Que je dois faire concrètement pour agir et aimer comme le Christ nous l’a enseigné ?

L’amour humain peut être :

  • Ouverture et liberté ou attente et contrôle

  • Généreux ou calculateur

  • Guide ou direction, ordre et dogme

  • Actif ou passif

  • Confiant ou possessif et jaloux

  • Action ou rêve et simple parole

  • Inclusif ou exclusif

  • Joyeux ou austère

L’amour est le cœur du message divin de Jésus. Pourtant la notion même de l’amour est large, pleine et intangible. Elle est extrêmement difficile à définir, à juger, à donner et à recevoir.

Dans sa lettre Paul nous parle d’un amour soucieux de faire le bien, tourné sur les besoins de l’autre et non de soi.

Il s’agit d’un amour qui cherche à unir et non à diviser. Qui demande à tous de faire un pas vers l’autre pour construire ensemble notre pensée et notre vie en communauté.

Ainsi Paul lance un appel ! « Ayez un même amour, un même cœur et une même pensée »

Est-ce que les églises chrétiennes sont des exemples de réponse à l’appel de Paul ?

Mais qu’est-ce que veut dire concrètement cet appel pour nous chrétiens, pour la chrétienté dans son entier, pour l’Église Unie et pour les Ministère en français, pour le Ministère régional des Laurentides, pour nos paroisses, nos familles et la société ?

Sommes-nous toujours au clair en ce qui concerne la balance adéquate entre diversité et communion de vue ? D’ailleurs, quel est le bon équilibre pour assurer notre vie collective et le respect de l’individualité et de la liberté divine de l’autre.

Regardez le nombre d’églises chrétiennes : les catholiques romaines (l’Opus Dei, les charismatiques, les mouvements internes libéraux et conservateurs), les veilles catholiques, les baptistes, les pentecôtistes, les évangélistes, les réformées (méthodistes, presbytériennes, etc.), les anglicanes, les orthodoxes, les universalistes, etc. Nous sommes tous chrétiens, et pourtant, nous sommes divisés.

Nos églises chrétiennes sont divisées souvent pour des raisons de visions et de théologies. Mais quand on creuse un peu, on se rend compte qu’il y a d’autres causes moins nobles, des divisions et des conflits politiques, financiers, administratifs, des guerres de pouvoirs et des recherches de prestige.

Comme quoi, l’appel de Paul est difficile et que la nature humaine peine à s’y tenir. C’est le cas aujourd’hui comme c’était le cas du temps de Paul. Combien de lettres que Paul a écrites pour implorer les chrétiens à s’unir, à éviter les divisions inutiles, à accepter la diversité comme une richesse tout en implorant les gens à rechercher l’accord et l’union.

Cet appel à l’union puissant a aussi amené les Églises à se questionner et à regarder la possibilité de se reconnaître mutuellement, à essayer d’atténuer leurs différences et même à se soutenir les unes les autres, notamment par le travail œcuménique qui se fait encore aujourd’hui.

Et regardons l’exemple de nos deux paroisses ou encore celui du Ministère régional des Laurentides!

L’expérience que nos deux paroisses vivent ensemble est, je pense, une belle réponse, une réponse concrète et vécue dans l’action à l’appel formulé par Paul.

Malgré la distance, les différences, l’incertitude, nos deux communautés ont décidé de célébrer Dieu ensemble durant cette période difficile de la COVID19 et, on ne sait jamais, on pourrait trouver des façons de poursuivre nos collaborations par la suite.

D’ailleurs, malgré une reprise graduelle des célébrations dans la Chapelle à Ste-Adèle, nous avons tenu à trouver le moyen de continuer un peu plus loin cette expérience communautaire et spirituelle.

Je crois qu’en célébrant Dieu ensemble le dimanche nous avons été un excellent exemple d’amour, de vivre un même cœur et une même pensée. Nous n’avons pas été dans le contrôle, dans la recherche de notre seul intérêt, dans l’imposition de nos vues et de nos traditions.

Nos différences au niveau de nos célébrations, de nos fonctionnements, de nos répertoires de chants, de notre vision de la Sainte-Cène célébrée ou pas à distance et, peut-être même, de certaines conceptions théologiques auraient pu nous écarter de l’essentiel.

Il y a peut-être eu des occasions qui ont créé des inconforts, des questionnements. Il est possible qu’il y en ait d’autres à l’avenir qui testeront nos aprioris.

Mais ce qui nous a permis de persévérer, c’est l’amour. Cet appel à un amour entier, généreux qui ne se vit pas dans le contrôle, mais dans l’ouverture. Un amour qui s’ajuste et qui va vers l’autre, qui cherche, du mieux possible l’intérêt de l’autre.

Dans les Laurentides, nous vivons ce même type d’amour généreux avec les autres paroisses anglophones de la région.

Nos différences sont frappantes, notamment au niveau linguistique et culturel, mais lorsque nous acceptons de demeurer dans l’ouverture, l’amour et la confiance, ces différences deviennent que des éléments accessoires, voire même enrichissants.

Le principal étant toujours de se soutenir mutuellement et de faire partie d’un cercle plus grand, plus fort et plus aimant.

Il y a un slogan bien connu, parfois on dit qu’il s’agit d’un proverbe africain, mais j’ignore si c’est exact. Ce proverbe dit : « Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin ». Comme quoi notre Salut, notre croissance et notre vie sont dans le « Nous » et non dans le « moi ».

Comment construire cet amour et cette communion de pensée

Le chemin proposé par Paul est simple. Pas de coup de force, pas de débats politiques polarisants, pas de jugement à l’emporte-pièce, pas de critique ou de blâme, pas de peur ou d’angoisse diabolisant… pas de parole, mais des gestes. Des gestes concrets.

Paul rappelle simplement qu’il faut « Obéir à Dieu ». « Obéissez à Dieu comme vous l’avez toujours fait. » […] Une obéissance simple, celle de chercher continuellement à aimer.

Comment ? Paul souligne que Jésus nous demande d’Être humble, de servir, d’agir…

« Tout ce qu’il avait [Jésus], il l’a laissé. Il s’est fait serviteur, il est devenu comme les hommes, et tous voyaient que c’était bien un homme. 8Il s’est fait plus petit encore » … « 4Ne cherchez pas votre intérêt à vous, mais cherchez l’intérêt des autres » … « Avec un grand respect pour Dieu et en tremblant, travaillez pour être sauvés. »

Ainsi, il ne s’agit pas de grands discours, de belles paroles, de romances, mais bien d’actions.

Finalement, ce matin, l’Évangile de Matthieu est un appel à l’honnêteté, mais aussi à la possibilité de se convertir, de changer son cœur en tout temps…

Comme le fils qui change d’idée et qui finalement répond positivement à la demande son père. Jésus ne reproche pas aux chefs religieux leurs péchés passés, mais bien leur inaction actuelle, la non-conversion de leur cœur et l’absence d’action concrète en faveur d’un amour divin. Jésus dit :

« 32En effet, Jean-Baptiste est venu à vous, en montrant le chemin juste, et vous ne lui avez pas fait confiance. Pourtant les employés des impôts et les prostituées lui ont fait confiance. Vous avez bien vu cela, mais ensuite, vous n’avez pas changé votre cœur pour faire confiance à Jean. »

Jésus n’est pas pointilleux sur les comportements passés, Il est plutôt intéressé par les gestes posés maintenant, dans le moment présent. Il regarde l’action véritablement posée pour les bonnes raisons. Pour les raisons du cœur, pour l’amour et pour le renforcement de nos relations et de notre vie spirituelle.

Je nous souhaite de ressentir l’amour qui unit et qui nous fait agir. Un amour qui multiplie la bonté, qui console notre prochain, qui nourrit l’affamé, qui soutient et qui rends joyeux.

Que Dieu nous accompagne, nous pousse à l’action, nous rassure sur la qualité de nos actions et nous guide pour qu’elles demeurent des démonstrations puissantes de son amour divin.

Oui, Seigneur, merci de rendre nos gestes motivés par ton amour.

Un amour qui permet de construire dans la joie ton Royaume sur terre et dans l’au-delà, et ce, sans relâche et un jour à la fois. Amen.

LECTURES BIBLIQUES

Philippiens 2, 1-13

Matthieu 21, 28-32

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