Mon Dieu, merci pour ta paix !

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Ce matin, nous avons lu ensemble la lettre de Paul. Il s’agit d’une lettre qui s’adresse à une église chrétienne naissante du nord-est de la Grèce. Des années auparavant, Paul a soutenu la mise en place de cette communauté. L’Église chrétienne dans son ensemble est encore très informelle, elle est plus un mouvement qu’une institution et doit faire des efforts immenses pour s’affirmer, pour survivre et, surtout, pour garder le cap sur l’essentiel du message libérateur du Christ. Elle doit éviter que le message ne soit récupéré par des manipulateurs ou de faux prophètes ou, encore, que le mouvement soit déchiré par des divisions internes.

Paul est emprisonné au moment où il écrit cette lettre. Il est privé de sa liberté. Il vit dans des conditions pitoyables et il se préoccupe des communautés qu’il a établies ou plantées dans plusieurs régions de la mer Méditerranée. Donc, nous avons un sage, un leader emprisonné. Il est sans force ni capacité physique d’agir. Il communique avec ses amis, avec les siens, pour leur donner des conseils et pour leur rappeler les éléments clés du message du Christ. Il leur parle avec bienveillance du mode de vie que nous, chrétiens, nous devons rechercher.

Vivre et bâtir une communauté en Christ, c’est tout un défi pour les humains.

Pour les membres de communauté, de groupe, de société, de famille ou d’église : il est facile de mettre l’accent sur la division, sur les différences. Nous nous définissons, comme être humain, en nous comparant, en portant des jugements. Il est tentant pour nous, humains, d’être dans le jugement négatif nous concentrant sur les différences.

Toutefois, la lettre de Paul nous rappelle que nos différences ou nos conflits ne doivent pas avoir comme conséquence de nous éloigner de notre but qui est de grandir ensemble en Christ :

« C’est pourquoi, amis très chers, restez fidèlement unis au Seigneur. 2Évodie et Syntique, je vous le demande avec force, soyez d’accord entre vous en restant unies au Seigneur. 3Et toi aussi qui travailles fidèlement avec moi, je te le demande, aide ces deux femmes. »

Nous voyons bien la préoccupation de Paul face à ce conflit entre ces deux femmes occupant une place significative dans cette communauté. Nous ressentons la souffrance et l’anxiété exprimées par Paul. Nous pouvons imaginer le danger qu’il entrevoit. Le conflit qui a conduit à l’écriture de la lettre pourrait à terme mener à l’effritement de la communauté, à la perte de sens, à son implosion.

Ainsi, Paul met l’accent sur l’unité, malgré les désaccords, les conflits, les visions différentes. Il souligne l’importance de rester unis sur les aspects fondamentaux du message du Christ : l’amour, le pardon et le soutien mutuel.

Un point de départ pour régler un conflit : reconnaître l’importance de l’autre et la valeur de sa contribution

Dans plusieurs manuels sur la communication efficace, il est expliqué comment, quand nous voulons régler un conflit avec une personne, il est préférable de commencer en reconnaissant l’autre personne, sa valeur et sa contribution. Il faut mettre l’accent sur le positif chez l’autre.

Il est intéressant que Paul, dans une lettre transmise il y a des milliers d’années, mette en pratique un principe de psychologie reconnu. Comme quoi, la sagesse divine, la connexion intérieure à Dieu, nous permet souvent d’avoir les bonnes stratégies.

Ainsi, dans sa lettre, Paul commence par reconnaître la richesse de chacune, leur contribution. Il met en lumière l’importance de leur contribution.

« Elles ont lutté pour la Bonne Nouvelle avec moi, avec Clément et avec les autres frères qui travaillent avec moi. Leurs noms sont écrits dans le livre de la vie. »

En revanche, il rappelle l’importance primordiale de s’entendre dans notre vie collective, quand nous sommes ensemble à rechercher un même but.

« 2Évodie et Syntique, je vous le demande avec force, soyez d’accord entre vous en restant unies au Seigneur. »

Paul donne aussi certains ingrédients permettant de vivre ensemble uni en Christ

    • « 4Soyez toujours dans la joie en étant unis au Seigneur ! Je le répète, soyez dans la joie ! » Nous sommes appelés à trouver le moyen d’être joyeux. Se mettre dans un état d’esprit de joie et d’agir de manière à susciter la joie en étant unis à Dieu, à son appel, à son amour. C’est un appel collectif, mais aussi, un appel individuel. Est-ce que je me concentre sur ce qui me génère de la peine, sur ce qui m’énerve ou sur ce qui me rend joyeux, heureux et libre ?
    • « 5Soyez bons avec tout le monde. Le Seigneur vient bientôt ! » C’est facile de chercher le grain de sable qui me fait grincer et qui peut me justifier de ne pas être bon. Parfois, nous avons l’impression d’être dans une sablière remplie de grains de sable justifiant nos attitudes négatives envers les uns et les autres. Ici, Paul demande aux Philippiens d’être bons, d’être patients, d’être en réconciliation permanente, d’être bienveillants. Il nous dit au fond que par cette attitude, nous ne perdons rien, nous nous rapprochons de Dieu.
    • « 6Ne soyez inquiets de rien, mais demandez toujours à Dieu ce qu’il vous faut. Et quand vous priez, faites vos demandes avec un cœur reconnaissant. » Quand nous adoptons une attitude de confiance et que nous méditons en étant reconnaissants d’emblée pour ce que nous avons, ce que nous sommes, ce que nous recevons; notre prière est alors plus facilement ouverte, généreuse, compatissante et tournée vers les autres, vers Dieu et vers ce que l’on peut faire. Nous sommes alors dans un état d’esprit où il nous est possible de ressentir la présence rassurante de Dieu. C’est dans cette assurance et ce calme que nous pouvons plus facilement avoir cette conversation avec Dieu et entendre son appel et ses conseils.

Paul nous rappelle dans sa lettre nos buts comme communauté et comme chrétiens.

« 8En tout cas, frères et sœurs, voici ce qui doit vous intéresser : tout ce qui est vrai et mérite d’être respecté, tout ce qui est juste et pur, tout ce qu’on peut aimer et approuver, tout ce qui est très bon et ce qui mérite des félicitations. 9Faites ce que vous avez appris de moi, ce que vous avez reçu et entendu de moi, ce que vous m’avez vu faire. »

Ce ne sont pas certains éléments qui doivent être respectés ou honorés, mais bien tout ce qui nous est donné, ce qui est vrai, juste, aimable et bon.

Conclusion – notre but ultime : ressentir la paix de Dieu

« 9Faites ce que vous avez appris de moi, ce que vous avez reçu et entendu de moi, ce que vous m’avez vu faire. Et le Dieu qui donne la paix sera avec vous. »

Ainsi, la promesse de Paul n’est pas le pouvoir, l’argent, la gloire, l’attention ou la reconnaissance des autres. Il nous promet la paix. Pas une paix ordinaire, mais bien une paix qui dépasse pratiquement l’entendement :

« 7Ainsi la paix de Dieu, qui dépasse tout ce que nous pouvons comprendre, gardera vos cœurs et vos pensées unis au Christ Jésus ».

Ainsi, notre nirvana, notre cadeau, notre but ultime, c’est la paix, une paix joyeuse, libre et généreuse.

Et c’est pour ces moments de grande paix intérieure et de lumière que nous rendons grâce aujourd’hui. Malgré les malgrés, en ces temps de pandémie, de souffrances, d’isolement, de deuils et de projets remis en question.

Nous savons qu’en poursuivant notre œuvre d’amour ensemble, un jour à la fois, dans un esprit joyeux, la paix divine est à portée de nous. Elle est là et elle nous attend.

Et pour cette paix sans limites et toujours présente, nous disons merci à Dieu.

 

LECTURES BIBLIQUES

Philippiens 4 : 1-9

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