«La bonté du Seigneur est pour tous» (Psaume 145)

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Notre sens de la justice nous invite à traiter les travailleurs selon leur prestation de travail. Cette vision se traduit par l’axiome À travail égal, salaire égal.Cela nous paraît tellement évident que nous ne sentons pas le besoin d’en faire la démonstration. Mais ici, dans l’évangile qui vient de nous être proclamé, c’est plutôt À travail inégal, salaire égal qui est mis à l’avant-scène. Presque une insulte à notre sens commun de la justice. De quoi provoquer moyens de pression chez les travailleurs et appel à la grève générale chez les chefs syndicaux !

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.


Par son enseignement, par ses attitudes, par ses gestes, Jésus vient contester, semble-t-il, notre manière de voir. Mais ce n’est pas un projet de justice sociale, ni des informations sur les conditions de travail que devraient connaître les ouvriers que cette parabole nous présente aujourd’hui. C’est plutôt une parabole qui nous parle du Royaume ou d’une annonce de quelque chose du mystère de Dieu qu’il s’agit.

Deux éléments ressortent particulièrement dans ce récit, du moins deux éléments retiennent mon attention : le maître de la vigne d’abord qui en est le personnage central et l’initiateur de l’action et le murmure des vignerons contre le propriétaire qui semble méconnaître la base des règles de rémunération de ses employés.

Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.(Ap. 3, 20) Ces mots que l’Apocalypse attribue à Jésus nous le présente comme celui qui initie l’action. Il en va ainsi dans la parabole. Le maître sort dès le matin, c’est lui qui prend les devants, c’est lui qui propose l’embauche de ses employés. C’est lui qui fait les premiers pas, c’est lui qui s’approche, c’est lui qui invite. Il vient au-devant de nous. À toute heure, à tout âge, dans toute situation, il nous recherche, il ne se lasse jamais de nous appeler à son service. Et s’il nous appelle, c’est pour nous faire connaître un Dieu qui aime l’humanité et qui veut offrir à tous et à toutes une place dans sa vigne, c’est pour que nous participions aussi à l’annonce de son amour infini pour l’humanité par notre engagement auprès de nos frères et sœurs dans le besoin.

Même si Jésus ne se lasse pas de venir à notre recherche, même s’il tente incessamment de nous rencontrer, le récit nous fait voir une humanité qui trouve le moyen de murmurer contre lui. Exactement comme le peuple hébreu dans le désert. Les enfants d’Israël dirent : Que ne sommes-nous morts par la main de l’Éternel dans le pays d’Égypte, quand nous étions assis près des pots de viande, quand nous mangions du pain à satiété ? car vous nous avez menés dans ce désert pour faire mourir de faim toute cette multitude. (Ex. 16,3) Nous n’acceptons pas facilement l’amour inconditionnel de Dieu pour son peuple, son initiative d’amour pour tous. Nous acceptons mal le regard de Dieu sur l’humanité, nous croyons que le nôtre est meilleur. Pour les travailleurs de la parabole, il était évident, en effet, que les premiers devaient être payés plus cher que les derniers. Pourtant ce n’est pas ce que Dieu fait puisque l’amour de Dieu ne compte pas, il donne librement à tous ses enfants. Le don de Dieu au monde, c’est l’Esprit Saint promis à tous ceux et toutes celles qui croient en Jésus(Jn 7, 39) Il n’y a pas de petit don ou de grand don, il y a le don de l’Esprit-Saint. Quel que soit notre âge, quelle que soit la durée de notre relation avec Dieu. De la même manière que les Hébreux ont reçu la manne dans le désert, tous de la même manière malgré leurs murmures, nous sommes gratifiés du Don de Dieu, tous et toutes, quel que soit notre cheminement de vie. Dieu n’est pas injuste pour autant, Dieu est bon, infiniment bon. En conséquence, Dieu ne calcule pas les heures, Dieu ne compte pas les tours. Dieu aime totalement, Dieu se donne totalement.

Si nous voulons bâtir une communauté de foi vivante, nous sommes invités à ressembler à notre Dieu dans l’amour et le pardon qu’il offre abondamment à tous sans restriction. Nous sommes invités aussi à taire les murmures qui montent parfois dans nos cœurs envers ceux et celles qui semblent recevoir plus que nous-même, dans le refus de toute envie, toute jalousie et dans la joie sincère que le dernier reçoive autant que le premier (Raphaël Devillers, o.p.). Oui, pour notre Dieu, il n’y a pas de demi-mesure dans l’amour. AMEN.

Par Pierre Nadeau

Prédication du 24 septembre 2017, 25dimanche du temps ordinaire A

Église Unie Saint-Pierre (Québec)

 

LECTURES BIBLIQUES

Exode 16, 2-15

Matthieu 20, 1-16

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