Donne-moi la foi

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

« Donne-moi la foi! »

ce chant de Lambert me touche

et je sais qu’il touche aussi bien d’autres personnes.

Car, par sa musique et par ses mots,

Lambert exprime ce qui nous anime au plus profond de nous :

    • trouver notre place dans ce monde,
    • savoir que nous ne sommes pas seuls, mais en lien avec un grand AMOUR qui veille sur nous
    • et malgré toutes les incertitudes et les moments durs, savoir qu’au final il y a du BIEN qui nous attend

 

Donne-moi la foi, ô Dieu!

La foi – c’est tout d’abord un sentiment de confiance et d’espoir qui peut nous porter à travers les hauts et les bas de la vie.

C’est comme la confiance totale d’un petit enfant envers ses parents, qui sait qu’il peut se jeter dans leurs bras n’importe quand.

C’est ça la foi – mais cette foi fondamentale peut prendre bien des formes.

 

Nous savons aujourd’hui qu’il y a beaucoup de croyances différentes, religions ou églises chrétiennes : les récits et les pratiques de la foi varient grandement.

 

Il faut faire la part des choses : pas tout est sain, pas tout est aidant dans les croyances.

Il y en a qui ne sont pas juste erronées, mais même dangereuses!

Quand des discours fondamentalistes enflamment des guerres

ou quand les croyances superstitieuses éclipsent la science –

alors vous n’avez pas besoin de porter des masques ou de vous faire vacciner,

puisque Dieu va éloigner le virus de ses fidèles!

 

Notre grand désir de foi nous joue facilement des tours aussi.

Comment alors faire la part des choses et savoir quoi croire?

Quelle est la vraie foi?

 

Pour nous, chrétiennes et chrétiens, c’est en regardant de près Jésus, le Christ,

que nous trouvons des réponses.

 

Nous avons un bel exemple aujourd’hui avec le texte de l’entrée de Jésus à Jérusalem selon l’évangile de Jean.

Jean nous y peint le tableau de différentes approches à la foi.

Regardons de près ce qui s’y passe!

 

Jésus s’est promené un peu partout dans les différentes régions de la Palestine et il a guéri, enseigné, promis l’amour de Dieu et proclamé le pardon;

il a fait des miracles pour nourrir et aider les gens.

Jean nous raconte que tout juste avant l’arrivée de Jésus à Jérusalem,

il a ramené un ami, Lazare, de la mort à la vie.

 

Vous vous imaginez bien la réaction au village : les gens sont bouleversés!

Désormais, tout est possible – si Jésus possède un tel pouvoir surnaturel,

il peut sauver de toutes les misères!

L’évangéliste Jean interprète qu’il s’agit d’un « signe » que Jésus fait

pour préparer les gens à sa propre résurrection.

 

Il y a le groupe des Pharisiens qui ne sont pas heureux de ce que Jésus fait.

Ils représentent le leadership de la foi juive traditionnelle dans l’évangile.

Et ils trouvent ce Jésus dangereux,

car il échappe à leur cadre de règlements et de pratiques prescrites.

Jésus rassemble et enflamme les gens – ce qui peut provoquer des difficultés avec le pouvoir romain, car la Palestine est sous occupation romaine à ce moment-là.

Les Pharisiens décident alors qu’il serait plus prudent d’éliminer Jésus.

Voilà le contexte!

 

Et même si Jésus connait fort bien les tensions qu’il provoque –

autant avec le leadership religieux qu’avec les maîtres politiques –

il se rend le lendemain à la grande ville, au centre religieux –

à Jérusalem avec son grand temple, ses prêtres et tous les hauts fonctionnaires religieux.

Jésus y va pour la fête de la Pâque et selon Jean, il y a déjà une foule de pèlerins rassemblée dans la ville. Dans le récit de l’évangile cette foule se déplace maintenant pour accueillir Jésus.

 

À mes oreilles, ça semble être une exagération littéraire.

Vous savez que Jean a écrit son évangile des décennies après la mort de Jésus.

Il ne voulait pas nécessairement donner un rapport exact des faits,

mais décrire Jésus comme le messie attendu.

Ainsi, il veut nous donner l’impression que l’arrivée de Jésus a été triomphale

et que tout le monde l’a reconnu.

Historiquement, ça a probablement été plutôt un rassemblement modeste autour de Jésus,

car il ne devait pas être très connu dans la métropole.

 

Mais même si le défilé ne faisait pas une forte impression,

les attentes de ces pêcheurs et paysannes,

accompagnés par des malades, mendiants, femmes seules, enfants sales

étaient d’autant plus élevées :

par leurs moyens modestes, ils acclamaient Jésus comme le Messie

en reprenant des lignes d’un ancien psaume bien connu:

« Hosanna ! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur !

Que Dieu bénisse le roi d’Israël ! »

 

Ils criaient de tout cœur et brandissaient des feuilles de palmier selon Jean.

Ce geste est mentionné chez le prophète Zacharie comme un signe des temps messianiques (Zach. 14, 16).

Tous les désirs ardents de ces gens en marge de la société – leurs espoirs de libération,

de justice et de reconnaissance, leur faim de paix et de sécurité alimentaire

se retrouvent dans leurs cris.

Ils projettent sur Jésus le rêve du grand sauveur politique, économique et religieux –

l’attente du messie de leur temps.

 

Jésus semble répondre à leurs souhaits : il monte sur un petit âne.

C’est un geste hautement symbolique qui réfère aussi à une prophétie de Zacharie selon laquelle le « roi de la paix » arrivera sur un ânon. (Zach. 9,9)

Ainsi Jésus confirme qu’il agit comme messie, comme envoyé de Dieu.

 

Mais, en même temps, il renverse toutes les attentes que les gens y attachent!

Faut d’abord visualiser cet homme qui s’assoit sur l’ânon – ses pieds devaient toucher le sol.

Et la jeune bête ne pouvait avancer que tout lentement… Cela faisait plutôt pitié.

Pas très impressionnant.

 

C’est comme si aujourd’hui un chef d’état important n’arrivait pas en grande limousine avec des autos de gardes du corps en avant et en arrière, mais plutôt sur une vieille bicyclette avec quelques amis zigzaguant à ses côtés.

 

Et les événements de la semaine suivante, la semaine de la passion, mettront pleinement en évidence que Jésus n’était pas le roi que les gens attendaient.

Il ne déploie pas une force spectaculaire pour renverser les puissants –

au contraire il se laisse arrêter, juger et subit la torture jusqu’à la mort sur une croix…

Il n’inaugure pas un nouveau règne politique en Israël!

Il ne change pas magiquement les conditions de vie des paysans pauvres.

Dans leurs yeux il s’avère un échec total.

Désillusion, déception, fin des espoirs.

 

Pourquoi donc croire en lui?

Quelle foi peut-on avoir?

 

Jean nous présente trois groupes de personnes avec des réactions différentes face à Jésus –

De quel groupe faisons-nous partie?

 

En premier lieu, il y a les gens (Jean les appelle « la foule ») qui suivent Jésus à cause des miracles qu’il a fait (la résurrection de Lazare entre autres). Ces personnes attendent un sauveur magicien : que le monde soit changé par une superpuissance qui intervienne.

Attendre la transformation par une force extérieure. Voilà ce que le messie apporterait.

Ils seront déçus.

 

Deuxièmement, nous voyons les Pharisiens qui ne veulent pas de changement / pas de transformation! Que le monde reste tel quel dans sa stabilité précaire.

Ils pensent avoir tout compris et posséder la vérité.

Jésus les dérange, car il pose question et incite à s’ouvrir à de nouvelles compréhensions.

Ils resteront enfermés dans leurs convictions.

 

Et troisièmement, nous avons le groupe des disciples. Comme souvent dans les évangiles,

ils ne comprennent pas grand-chose non plus. Ils sont présents et observent, mais n’arrivent qu’à faire sens des événements une fois que « Jésus est élevé à la gloire » –

une expression de Jean pour parler du Christ ressuscité.

Pour eux, la résurrection devient la clé pour comprendre :

Oui, il est le Messie! Oui, il est le roi qui vient au nom de Dieu!

Dieu l’a libéré de la mort et ainsi confirmé son message d’amour.

Mais il s’agit d’un roi bien différent de ce que l’on s’imagine normalement –

avec toute la pompe et la manifestation de pouvoir.

Jésus arrive comme roi du règne de l’amour, de la compassion, du pardon.

Il ne tue ni n’opprime ses adversaires. Il vainc le mal en y rentrant et en le traversant.

 

Ainsi, je ne peux que prier dans les mots de Lambert « Donne-moi la foi »!

« Donne-moi la vraie foi! »

    • pas une foi qui se base sur un pouvoir surnaturel et magique!
    • pas une foi qui pense avoir déjà tout appris et qui ne se laisse plus surprendre!
    • pas une foi qui attend un roi qui nous impose le règne de Dieu!

Donne-moi une foi qui arrive de façon toute simple et humble dans mon quotidien;

une foi qui me montre le visage du Christ dans les gens que je rencontre et dans les petits gestes.

Cette foi qui me dit que je suis déjà aimée par Dieu, même si je n’accomplis pas de grandes choses extraordinaires.

La foi qui m’aide à accepter les difficultés et blessures dans ma vie en sachant que mon Dieu est tout près et me porte.

 

Ainsi, je pourrai chanter : « Donne-moi cette foi pour que ma vie sur terre soit un chant d’espoir! »

 

LECTURES BIBLIQUES

Jean 12, 12-19

 

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