De commencement en commencement…

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

On attribue à Grégoire de Nysse, théologien du 4e siècle, qualifié par la tradition de père de l’Église, ce propos : dans la vie chrétienne, on va « de commencement en commencement, par des commencements qui n’ont pas de fin ».[1]

L’histoire de l’adoration des mages et celle de l’émergence de l’Esprit en Jésus lors du baptême sont deux histoires de commencement, des récits inauguraux. Leur lecture en ce début d’année civile est semblable à l’activation du bouton de réinitialisation (reset) sur un appareil électronique, qui efface l’accumulation de données inutiles voire nuisibles, et ramène la mémoire vive au commencement. De manière comparable, la quête fructueuse des mages et le baptême de Jésus qui lie indissociablement l’Esprit du Créateur à l’humanité, sont deux récits qui nous ramènent au commencement, au point de départ d’un cheminement de foi chrétien. Une occasion de réinitialiser nos cœurs.

Si nous avons choisi de nous réunir en ce lieu, dans cette communauté, pour commencer notre journée, notre semaine et même notre année dans une dimension religieuse c’est que, à un moment ou un autre de notre histoire, nous avons entendu et vu [2] l’éclat sacré du divin se manifester en Jésus. Notre for intérieur a été touché, rejoint et conquis. Nous sommes montés en amour si je peux dire.

Pour nous, chercheuses et chercheurs de sens, affamés de vérité et de justice, assoiffés de bonté et d’espérance pour notre monde, la fragilité de l’enfant de Bethléem nous ouvre les yeux du cœur pour discerner la gloire et la tendresse de Dieu pour toute sa création. Peu importe notre appartenance sociale, ethnique, religieuse, l’existence est une marche dans le mystère de notre origine vers la rencontre sacrée. Épiphanie, manifestation universelle.

Jésus, inséré dans un moment précis de l’histoire du peuple de l’Alliance, est Messie annoncé par Jean le dernier prophète. Sur Jésus repose l’onction, le baume de l’Esprit divin. Dans sa condition humaine, il est Fils choisi et bien-aimé [3] pour qu’en lui l’humanité et la création tout entière trouvent la force et la capacité d’accomplir le dessein de Dieu, d’avancer dans l’existence selon son Royaume. Épiphanie, manifestation initiale.

Et ce matin, dans la continuité de la tradition liturgique de l’Église primitive, nous soulignons aussi une troisième épiphanie, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus, où Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.[4] En guise de préface à la Sainte-Cène, nous écouterons ce commencement si à propos pour la réinitialisation de notre cheminement de foi en ce début d’année. Car nous sommes conviés à la joie des noces, à la fête de l’intimité et de l’amour, à la célébration de l’union qui nous est donnée par grâce, entre la terre et les cieux, entre l’humain et le divin, entre le Créateur et sa créature. Le maître du repas goûta l’eau devenue vin et dit : Tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ![5]

Frères et sœurs je nous souhaite pour cette nouvelle année d’avancer de commencement en commencement, avec le discernement des mages, par la puissance de l’Esprit divin dans la fragilité de notre humanité et dans la joie de goûter le doux vin de l’amour sacré pour l’aujourd’hui de notre marche, au milieu des revers et en dépit des obstacles qui jalonnent la route, en nous comme à l’extérieur. Car l’Épiphanie, c’est l’éclat manifesté de Noël, c’est la lumière de Pâques, la grande traversée de toute Passion, chemin d’éternité, dans la vie, dans la mort, dans la vie au-delà de la mort, Dieu est avec nous. Nous ne sommes pas seuls. Grâces soient rendues à Dieu.[6]

 

LECTURES BIBLIQUES

Matthieu 2,1-12

Matthieu 3,13-17

Jean 2,1-11

 

[1] Blogue d’Enzo Bianchi, Grégoire de Nysse : De commencement en commencement… 

[2] Voir Luc 2,20

[3] Voir Matthieu 3,17

[4] Jean 2,11

[5] Jean 2,8b.9a

[6] Finale de la Confession de foi de l’Église Unie

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