Chacun-e a sa place

Église Unie St-Pierre et Pinguet https://www.stpierrepinguet.org/wp

Premier septembre… déjà! La fin de semaine de la Fête du travail et de la Fête arc-en-ciel. Oui, c’est encore l’été… mais, pour moi, cette fin de semaine signifie toujours la fin du rythme plus « relaxe » de l’été et un retour à des agendas bien remplis. De quoi nos semaines seront-elles faites ? Le conseil unifié se penchera justement sur cette question lors de notre réunion le 11 septembre prochain. Une chose est certaine, comme par le passé, souvent, ce sera autour de la table que ça se passera. Comment pourrait-il en être autrement ? À chaque semaine, comme Jésus nous a appris à le faire, nous prions notre Dieu en ces termes : « Que ton règne vienne. » Et l’un des signes de l’avènement de ce règne ? Que nous ayons notre pain quotidien.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Dans la Bible, l’une des images les plus utilisées pour évoquer la vie là où c’est Dieu qui règne, c’est celle d’un banquet, un repas de noces où tous les hôtes festoient non pas avec le strict minimum selon le guide alimentaire canadien… mais dans l’abondance. Et si cette année notre prière commune pour Saint-Pierre et Pinguet était que chacune de nos rencontres soit un vrai festin… là où on goûte et on voit que le Seigneur notre Dieu est bon (Psaume 34, 9 – Nouvelle Bible Segond)? Et là, je ne parle pas uniquement de nos repas communautaires. Au cours de l’année pastorale qui commence, à chaque fois que nous nous retrouverons autour de la table, que le pain, la Parole, les prières, les cantiques, les salades, les sandwichs, les idées, les gestes et les mots nourrissent et sustentent le plus grand nombre.

« Attention ! » nous dit Jésus ce matin, « Quand vous organisez un festin, n’invitez pas vos parents et amis les plus proches, des gens bien nantis qui enrichissent vos rassemblements. Invitez les pauvres, les infirmes, des aveugles. » En d’autres mots, ne nous limitons pas à inviter des gens qui, par leur présence et leurs présents, consolident notre propre bien-être ainsi que les traditions, les institutions et les systèmes qui nous sont familiers et qui nous réconfortent… tout en nous enfermant dans nos préjugés et nos privilèges. Invitons plutôt des gens qui sont, pour nous, aussi indésirables qu’étaient les pauvres, les malades et les handicapés à l’époque de Jésus… ceux et celles devant qui nous ne savons pas trop quoi dire ou comment agir… des gens qui nous mettent carrément mal à l’aise. Ça changera tout…

Et remarquez bien! Jésus ne nous dit pas de pourvoir tout simplement à leurs besoins immédiats – en faisant un petit don de charité qui, en bout de piste, ne nous engage à rien et qui NOUS fait tant de bien. Jésus nous dit des les inviter à dîner… à s’assoir à table et à partager un repas avec nous. Ça va beaucoup plus loin que la Campagne des paniers de Noël. Non, je ne veux pas dire qu’il faut arrêter de soutenir cette campagne ou nos banques alimentaires… je dis juste que Jésus nous invite à aller au-delà du strict minimum.

Inviter quelqu’un à partager un repas est plus qu’un geste de charité. Quand on invite quelqu’un à s’assoir à table avec nous, il est plus difficile détourner notre regard et de ne pas voir les inégalités dans le partage des richesses… source de tant de souffrances humaines et écologiques. Quand nous sommes assis à table avec quelqu’un, il y a plus de chances que nos yeux croisent et qu’on voit en notre hôte un enfant de Dieu qui mérite – autant que nous – de goûter et de voir que le Seigneur est bon. Que l’amour fraternel demeure ! N’oublions jamais l’hospitalité !

Inviter quelqu’un à s’assoir à table avec nous est un signe d’acceptation et de mutualité. À cet égard, la linguiste en moi aime bien le fait qu’en français, le mot « hôte » désigne à la fois celui qui reçoit et celui qui est reçu. C’est un mot qui laisse place à une rencontre véritable, mutuellement enrichissante et transformatrice… où toutes et tous, accueillants et accueillies, sont les uns pour les autres des anges, porteurs de bonnes nouvelles… un avant-goût du Royaume de Dieu dès aujourd’hui !

Voilà la vraie bonne nouvelle de ce matin ! L’Évangile de ce matin n’est pas un message moralisateur. Jésus ne vient pas nous pointer du doigt… nous montrer à quel point nous ne sommes pas à la hauteur… nous indiquer tout ce que nous devrions faire de plus comme disciples. Ce matin, Jésus nous raconte une parabole… et dans les paraboles, le « focus » n’est jamais vraiment sur nous, sur nos faiblesses et nos manquements…. Les paraboles mettent en lumière la grâce par laquelle nous avons accès au Royaume de Dieu… ce royaume qui, bien qu’inachevé, est déjà présent en Jésus. La bonne nouvelle, c’est que le repas est prêt… ou presque… C’est Dieu, en Jésus et par la puissance de l’Esprit Saint, qui nous invitent. Oui, nous qui n’avons pas de quoi le lui rendre. Et nous n’avons pas à jouer du coude pour avoir une bonne place… parce que quand Dieu est notre hôte, toutes les places sont excellentes.

Alors, passons le mot… dès cet automne… dès aujourd’hui même… ça va être un méchant party ! Célébrons notre Dieu! Amen.

LECTURES BIBLIQUES

Hébreux 13, 1-8 et 15-16

Luc 14, 1 et 7-14

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