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L’Ascension : mission et espérance

LECTURES BIBLIQUES: Actes 1,12-14Jean 17,1-11

Bien-aimés, chers frères et sœurs en Christ, en ce dimanche de l’Ascension, je vous renouvèle mes salutations fraternelles en Jésus-Christ notre Sauveur. Que la puissance de Jésus nous environne toutes et tous. « Père, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée, j’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donné, je leur ai donné les paroles que tu m’as données, l’heure est venue » dit Jésus ; et son discours d’adieu se transforme en prière. Chers amis, nous parlons de l’Ascension, de quoi s’agit-il? source de mission et promesse d’espérance.

L’Ascension est une fête chrétienne pendant laquelle on célèbre la montée de Jésus-Christ au ciel, 40 jours après Pâques. Elle marque la fin de la présence physique de Jésus sur Terre et son retour auprès de Dieu le Père. C’est un événement qui marque l’intronisation céleste de Jésus, inaugurant un nouveau règne spirituel et une présence intérieure auprès des croyants. Autrement dit, avec l’Ascension de Jésus, l’heure de la passion glorifiante a commencé. Désormais Jésus ne sera plus dans le monde, dès lors prendra fin le mode habituel de sa présence. Tout ce que les disciples ont vu, entendu, touché du verbe de vie (1 Jn 1,2), tout cela, éclairé par l’Esprit Paraclet continuera de nourrir leur foi et leur espérance ; mais ils ne connaîtront plus le Christ selon la chair, selon leurs approches limitées et coutumières. Désormais, ils devront le rejoindre sous les signes de l’absence.

Fêtée chaque année lors de la solennité de l’Ascension, cette réalité spirituelle ne marque pas une disparition du Christ, mais une transformation de sa présence. Pour nous chrétiens, l’Ascension est à la fois une célébration de la gloire du Christ ressuscité, une source de mission et une promesse d’espérance. Dans les écritures, l’Ascension est présentée comme un moment où Jésus, après avoir enseigné ses disciples pendant quarante jours, les réunit une dernière fois pour leur donner ses instructions, puis sous leurs yeux, il s’éleva et une nuée vint le soustraire à leurs regards. Avant de quitter ce monde pour aller au Père, Jésus embrasse du regard toute sa vie, et la résume en quatre phrases : Père, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donné à faire, j’ai manifesté ton nom aux hommes que tu m’as donnés, je leur ai donné les paroles que tu m’as données. Tout, dans la vie de Jésus, a glorifié le Père. Pendant les trente ans de Nazareth comme les quelques années intenses de son ministère public, un seul projet l’habitait : achever l’œuvre du Père, manifester son nom, c’est-à-dire dévoiler l’être de Dieu à partir de son action, si bien que son œuvre sur terre a culminé dans sa mission de révélateur : il a donné aux hommes la parole reçue du Père. C’est la fidélité à cette mission qui a concentré sur lui toute la haine du monde et qui l’a amené jusqu’au procès et jusqu’à la mort, la mort sur la croix.

Bien-aimés dans le Seigneur, à l’instar du Christ sauveur, notre pèlerinage sur terre ne devrait-il pas poursuivre un seul but, celui de glorifier le Père en portant du fruit, le fruit tangible de notre témoignage, le fruit plus douloureux de nos épreuves dans la prière et dans la disponibilité à l’Église.

Chers frères et sœurs en Christ, deux visées sont inséparables dans notre vie comme dans le projet de Jésus : la gloire du Père et le salut du monde. Dans l’histoire de l’Église une femme, oui une femme du nom de Sainte Thérèse a eu de cela une conscience de plus en plus vive, et elle n’a cessé de rappeler à la fois l’urgence d’une vraie gratuité contemplative et l’impact apostolique de toute vie de prière. L’œuvre que Dieu nous confie et qu’il nous faut achever avant notre dernier pèlerinage sur terre est faite à la fois de silence et de parole. Notre retrait du monde et notre souci du monde manifestent tous deux le nom du Père ; ils grandissent tous deux en même temps que notre identification au Christ et à la mesure de notre amour pour lui. Mais seul l’Esprit Saint peut unifier notre cœur dans la réponse à ce double appel, lui qui est le maître des temps, des désirs et des rythmes. C’est Lui que nous appelons comme la force de cohésion et d’élan de l’Église. C’est lui qui veut mener chacun à la vérité tout entière et qui veut nous prendre tous et toutes sous son ombre. Pour glorifier le Père, pour entrer dans l’œuvre du Fils, un seul réflexe peut suffire, ce que les hommes bibliques avaient si bien saisi : « se laisser à l’Esprit. » Ce qui est de plus en plus difficile dans le monde contemporain, se laisser à l’Esprit, la science prenant de plus en plus la place de l’Esprit dans nos vies.

Par ailleurs, aujourd’hui beaucoup d’entre nous font face aux réalités de la vie : travail instable, coût de la vie qui augmente de façon exponentielle, responsabilités familiales devenant de plus en plus lourdes, tensions dans le mariage, solitude et anxiété intérieure… ce qui nous pousse souvent à oublier l’état réel de notre vie spirituelle. Chers amis dans ce rythme chargé et cette pression quotidienne exaspérante, nous recevons la promesse du Christ, qui dit : je ne vous laisserai pas seul, je prierai le Père et il vous enverra un autre Consolateur qui habitera avec vous, apportant paix, guidance et réconfort et dont le rôle sera une présence apaisante semblable à un parent aimant. Et dans l’Évangile selon Matthieu 11:28, Jésus dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » Aussi pourrions-nous retenir que l’Ascension du Christ n’est pas seulement un moment de l’histoire, c’est un message pour l’Église aujourd’hui. Elle nous enseigne que Jésus est désormais auprès du Père, mais toujours présent dans son Église. Le ciel est notre but, avec l’ascension, le chemin nous est ouvert. L’ascension nous invite à vivre avec un but, enracinés dans la foi et tournés vers le Ciel. Elle n’est pas seulement une tradition religieuse, mais un moment pour s’arrêter, faire silence et remettre de l’ordre dans notre cœur. Bien aimés frères et sœurs en Christ, l’ascension de Jésus au ciel est pour nous un signe révélateur de sa Seigneurie et de sa glorification. Il est le Roi des rois, le Roi glorieux et victorieux, le Seigneur des seigneurs, digne d’être exalté de génération en génération. L’Ascension c’est aussi l’occasion de prendre conscience de la mission qui nous incombe désormais, celle d’aller témoigner de Lui dans le monde avec l’aide du Saint-Esprit. C’est aussi un acte d’espérance. L’Ascension de Jésus-Christ nous rappelle qu’Il règne souverainement dans la gloire et qu’aucune puissance ne peut arrêter le plan de Dieu pour ses enfants. Croyants nous sommes appelés ainsi à ne pas vivre dans la peur ou le découragement, mais à marcher dans la foi, l’espérance, l’amour et à témoigner de l’Évangile partout dans le monde entier. Chers frères et sœurs en Christ, puisque nous possédons un héritage céleste en Christ, nos regards doivent rester tournés vers les réalités éternelles malgré les difficultés de la vie. Avec l’événement de l’ascension du Christ, chers amis, vivons dans la joie du Christ exalté, le revêtement de la puissance du Saint-Esprit, et l’engagement fidèle dans l’œuvre missionnaire. Enfin, aujourd’hui, en tant qu’Église, demeurons fidèles, obéissants mais vigilants dans l’attente du retour glorieux de notre Seigneur Jésus. Que Dieu dans sa grande miséricorde nous bénisse et nous garde pour sa gloire. Amen!

 

Image par Roger Casco (Pixabay)

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