LECTURES BIBLIQUES: Romains 5, 12-19 ; Matthieu 4, 1-11
Bien aimés, frères et sœurs en Christ, c’est avec joie et reconnaissance que je vous adresse mes sincères salutations ce premier dimanche du carême. Que les bénédictions du Père, le Fils et le Saint-Esprit jaillissent sur vous et vos familles respectives. Amen!
Aujourd’hui, 1er dimanche du Carême, Jésus nous fait réaliser une chose, c’est qu’en prenant notre condition humaine, Lui, qui est le Fils de Dieu vient vivre non seulement l’expérience du combat de l’épreuve et de la tentation mais et surtout nous rappelle que nous partageons sa condition de Fils de Dieu. Nous sommes tous et toutes « enfants de Dieu. » Ce que vit Jésus au désert, à savoir la possible rupture avec Dieu, son Père, insidieusement orchestré par Satan, nous renvoie, nous aussi à la fragilité de notre identité d’enfant de Dieu, mais aussi à notre capacité de dire non à Satan.
Chers frères et sœurs, combien de moments dans nos vies se sont trouvés confrontés à des choix qui nous engageaient au plus profond de nous-mêmes ? Alors, à travers ce message, nous cherchons à comprendre aujourd’hui, en quoi cette expérience de Jésus au désert, nous aide à découvrir ce que nous sommes vraiment, enfants comme Lui, d’un même Père ?
Bien-aimés, nous sommes ici entre le baptême de Jésus au Jourdain comme nous l’avons appris il y deux semaines, où une voix se fit entendre des cieux ces paroles: « Celui-ci est mon Fils Bien-Aimé, en qui j’ai mis toute mon affection » et le commencement d’un long chemin qui nous conduira à la mort et à la Résurrection du Seigneur Jésus. Lui, qui vient d’être identifié publiquement par Dieu son Père, qui a été reconnu Fils de Dieu, avant même de commencer sa longue marche vers Jérusalem, est « conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. »
Ne nous arrive-t-il pas de connaître des difficultés dans notre vie ou du moins, y-a-t-il quelqu’un ici qui n’a jamais connu le désert sous une forme ou une autre? Dans le désert, Jésus est confronté à l’épreuve ultime, celle de sa relation avec son Père, celle de sa filiation et celle de son envoi par son Père. C’est dans cette relation mystérieuse faite de liberté et de volonté qui nous dépasse et en même temps nous ressemble, car cette relation nous renvoie à nous, situation difficile à comprendre et pourtant il ne peut en être autrement, car c’est le sens profond de la Bonne Nouvelle, que nous sommes nous aussi, « enfants d’un même Père. »
Bien aimés en Christ, qui que nous soyons, quelle que soient nos histoires de vie, les plus tourmentées ou tumultueuses, indépendamment de nos différences culturelles et religieuses, nous partageons cette condition avec le Christ. Oui, ce matin, Jésus fait l’expérience d’une possible rupture avec Dieu comme nous. L’épreuve est bien située au niveau le plus élevé de sa relation avec son Père, comme nous de notre relation avec Dieu.
L’Évangile d’aujourd’hui nous montre l’origine de la rupture de notre relation avec Dieu par l’intervention d’une parole mensongère, celle de Satan, qui divise, qui cherche à rompre, à casser, à briser le lien entre Dieu et Jésus et par ricochet entre Dieu et nous. L’évangile de Matthieu vient nous rappeler ce matin ce lien indéfectible légitimé par l’Esprit Saint lui-même à notre baptême.
Bien aimés, je voudrais nous inviter à poursuivre notre carême par ces petites questions que Jésus lui-même a dû se poser : comment tenir ma relation avec mon Père, le Dieu de ma vie ? Comment rester le fils de Celui qui insuffle le souffle de vie ? Comment faire de ma vie un chemin d’humanisation, pour moi-même, mais aussi pour celles et ceux que je rencontre ? Comment croire encore à cette Parole qui résonne en moi. Celui-ci est mon Fils bien-aimé.
Par trois fois, Jésus dit non à Satan qui voulait l’entraîner sur le chemin de la rupture, par l’attrait des nourritures faciles, de l’illusion et du mensonge du pouvoir. Et par trois fois, Jésus réaffirme avec force que rien ne peut le séparer de l’amour de son Père. Il y a entre lui et son Père un lien indéfectible, Celui de l’Amour. C’est par l’Amour que le lien du Fils au Père est maintenu et sauvé. C’est par l’amour, nous le savons bien dans notre existence, que nous sommes capables nous aussi, de tenir nos engagements et de résister aux tourments et à nos tempêtes lorsqu’elles se déclenchent dans notre vie.
En effet, Jésus nous montre toujours une direction, un chemin d’humanisation, celui de la force du lien d’amour et de la vérité. Ce matin encore, il nous prend par la main avec Lui, il nous assure de notre victoire sur le mal parce que nous sommes avec lui, enfants d’un même Père. Puissions-nous regarder pendant ce carême ce que nous sommes vraiment. Chers frères et sœurs en Christ, regardons notre monde d’aujourd’hui, enlisée dans des situations difficiles et où se loger, se vêtir, se soigner, se nourrir, s’instruire devient de plus en plus compliqués pour tout le monde. Ce n’est plus un secret pour personne. Vivre aujourd’hui n’est facile ni pour les indigents, ni pour les riches. Mais devons-nous pour autant succomber devant les vendeurs d’illusions qui jonchent nos rues?
Chers frères et sœurs en Christ, n’est-ce pas dans les moments les plus durs, au milieu de nos déserts personnels et institutionnels, de nos difficultés, de nos doutes, de nos infidélités, qu’aujourd’hui l’Évangile nous rappelle la force d’un lien qui ne sera jamais détruit. Ce lien, c’est notre rocher qui nous fait nous tenir debout, être combatif, libre de pouvoir faire du carême 2026, un crème de justice et de paix pour nos familles et pour notre société.
Oui frères et sœurs, de même que Jésus n’était pas seul au désert, l’Esprit était avec lui, de même nous ne sommes pas seuls dans notre vie de tous les jours. Christ est avec nous dans nos combats pour la survie. Ce temps de carême vient nous le redire, il nous appelle à une plus grande liberté et une plus grande vérité.
Dans notre reconnaissance de Jésus comme véritable Maître de notre vie, que ce temps de carême renforce notre joie profonde de nous savoir vainqueur avec Dieu de toute situation, capable de dire non à tout ce qui pourrait nous empêcher de courir dans la carrière qui nous est tracée, car l’Esprit Saint est aussi avec nous dans nos déserts, parce que, qui que nous soyons, et il faut le redire, si nécessaire : nous sommes tous, enfants d’un même Père, enfants de Dieu.
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