Rendus libres pour protester

Martin Luther était moine augustin, prêtre, docteur en théologie et prisonnier de la question de son salut. On lui avait appris que, dans sa justice, Dieu juge la vie des hommes et des femmes. Mais devant Dieu, qui seul est juste, qui peut atteindre la note de passage? Luther reconnaissait que, même s’il arrivait à mener une vie de moine irréprochable, il demeurerait tout de même un pécheur face à Dieu. C’est-à-dire que, malgré tous ses efforts pour « ajuster le tire » dans sa vie personnelle, il manquait souvent la cible (le sens premier de pécher). Face à Dieu, comment ne pas être trouvé coupable ? Luther vivait dans une sorte de prison spirituelle jusqu’à ce que il trouve la clé qui lui a ouvert la porte de sa cellule.

« [L’Évangile] est puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit … . C’est en lui en effet que la justice de Dieu est révélée, par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Celui qui est juste par la foi vivra. » (Ro 1, 16-17) C’est dans cette Parole que Luther a trouvé, par la grâce de Dieu et l’œuvre de l’Esprit, la vérité qui l’a libéré de l’angoisse de la performance spirituelle. Dans cette parole, Luther a compris que ce n’est pas par nos œuvres que nous sommes sauvés, mais par la justice de Dieu dans le Christ, justice qui nous est imputée par la foi.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.


Luther a été libéré par la foi… mais libre… non pas de vivre n’importe comment… de mener une vie d’insouciance totale sans rigueur ni discipline. Libéré de la culpabilité et de la peur, Luther a trouvé le courage de protester, c’est-à-dire de témoigner de sa foi. (C’est ça, le sens premier du terme protester : témoigner). Témoigner en paroles et en gestes qui ont valeur de prières d’action de grâce offertes à Dieu qui nous sauve par sa grâce. Libéré de son angoisse existentielle, Luther ne pouvait que se tenir debout, solidaires de ses frères et sœurs dans la foi, afin que eux aussi soient rendus libres pour témoigner de leur foi.

Il est vrai que son témoignage a parfois manqué la cible et passé à côté du message libérateur de l’Évangile mais nous avons raison de célébrer, entre autres, ses efforts pour rendre la parole accessible à toutes et à tous. L’intuition profonde de Luther était juste. Cinq cents ans plus tard, des hommes et des femmes continuent à trouver dans la Parole une vérité qui les libère, qui ouvre toutes grandes les portes de leur cœur, de leur esprit, une vérité qui élargit leurs horizons et leur donne de voir Dieu, leur vie, le monde autrement, une vérité qui les rend libre pour témoigner de leur foi en paroles et gestes.

Aujourd’hui, tout en commémorant le 500e anniversaire de la publication des 95 thèses de Luther, ce geste de témoignage que l’histoire retient comme le début de la Réforme protestante, nous célébrons le Seigneur qui, par sa grâce, révèle aux femmes et aux hommes de tous les temps la vérité de l’Évangile, cette vérité qui nous rend libres pour continuer à protester, pour la gloire de Dieu et la transformation du monde selon sa volonté. Ainsi soit-il. Amen.

Par Darla Sloan

Le 29 octobre 2017– Réformation A17 – Église Unie St-Pierre

 

LECTURES BIBLIQUES

Romains 1, 8-17

Jean 8, 31-36

Rendus libres pour protester

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