Être prêts…

Le cantique que nous venons de chanter [Lorsque les mortels, Nos voix unies 58] transcrit à sa manière plusieurs images fantastiques de l’extrait de la lettre aux Thessaloniciens lu il y a quelques instants : le Seigneur, au signal donné, [..] descendra du ciel : alors les morts en Christ ressusciteront d’abord ; ensuite nous, les vivants, qui serons restés, nous serons enlevés avec eux sur les nuées, à la rencontre du Seigneur, dans les airs, et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur.

Les extraits de la Bible inspirant cette réflexion sont donnés à la toute fin de la prédication. Vous pouvez cliquer sur les liens pour lire les extraits.

Pendant des siècles, ces descriptions surréalistes étaient prises au pied de la lettre, ce que certaines communautés chrétiennes continuent encore aujourd’hui de faire au nom de la fidélité au témoignage des Écritures. Non moins fidèle notre désir de décoder la symbolique de ce genre de texte afin, selon les mots du psaume, d’ouvrir la bouche pour une parabole et dégager les leçons du passé. Notre responsabilité est d’en saisir le mieux possible le message essentiel, afin que tout d’abord il nous transforme nous-mêmes, puis pour transmettre à la génération suivante les titres de gloire du SEIGNEUR et qu’eux aussi mettent leur confiance en Dieu, qu’ils n’oublient pas ses exploits, qu’ils observent ses commandements… selon les paroles du psalmiste.

Le témoignage de l’Écriture a pour but de rejoindre notre cœur à travers notre intelligence pour animer et dynamiser notre esprit. Quoiqu’il en soit des détails factuels, matériels, la finalité est toujours relationnelle, la rencontre avec Dieu, la dimension spirituelle de l’existence. Pour ce faire, la parabole, le récit imagé comme un conte, est un outil privilégié pour communiquer l’expérience spirituelle et nous disposer à l’avènement du royaume des cieux. À son écoute soyons attentifs à ce qui montent en nous-mêmes, aux pensées, aux émotions voire aux sensations qui se manifestent alors. Tout est grâce.

Cette manifestation divine plénière du règne ou royaume, que les Écritures nomment retour du Seigneur, parousie, jugement dernier, semble une ligne d’horizon qui recule constamment au fur et à mesure de notre marche dans le temps. C’était le cas pour les chrétiens auxquels s’adressait Matthieu, et c’est encore notre cas, 2000 ans plus tard. Hormis pour quelques individus exceptionnels, qu’on qualifie d’être illuminés, de saints, il est impossible de demeurer constamment sur le qui vive, d’être toujours vigilant, éveillé dans l’attente, comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent. Ce sommeil bien humain n’est pas en soi un problème. Ce que la parabole des jeune filles aux lampes nous rappelle avec sagesse c’est la nécessité d’avoir ce qu’il faut pour durer dans l’attente : les filles avisées, elles, avaient pris, avec leurs lampes, de l’huile dans des fioles… afin d’être prêtes pour la rencontre de l’époux, le moment venu.

L’heure ultime, si on y songe bien, sera l’aboutissement, la manifestation de la signification et de la fécondité de toutes les heures qui l’auront précédée. Il nous incombe de faire ce qu’il faut pour prévenir que nos lampes ne s’éteignent. Et cela nul ne peut le faire pour un-e autre. Quelle est l’huile de notre vie personnelle? Où la mettons-nous en réserve? À quoi alimentons-nous notre vie spirituelle? Qu’est-ce qui donne de l’élan à notre amour et de l’ardeur à notre compassion? Comment mettons-nous en pratique les enseignements de l’Évangile? Ensemble, en Église, encourageons-nous mutuellement à demeurer vigilants, joyeux et bien vivants dans l’espérance et la réalisation des œuvres de justice. Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure.

Par Denis Fortin, pasteur

Église Unie Saint-Pierre / 23e de Pentecôte « A » 12 novembre 2017

 

 

LECTURES BIBLIQUES

Psaume 78, 1-7

1 Thessaloniciens 4,13-18

Matthieu 25,1-13

Être prêts…

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